Strasbourg: Une collecte pour une crème solaire écolo atteint 920% de son objectif de financement

ENVIRONNEMENT De quoi démontrer « l’intérêt économique à des solutions environnementales »

Gilles Varela

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Illustration.  Crème solaire.
Illustration. Crème solaire. — DURAND FLORENCE/SIPA
  • Une start-up Strasbourgeoise, NIU, créatrice d’une crème solaire écolo a financé son projet grâce à un financement sur la plateforme Ulule.
  • Rapidement, elle a atteint 920 % de son objectif.
  • Tournée vers les causes environnementales, la start-up « engagée » compte montrer que l’on peut trouver des intérêts économiques à des solutions environnementales mais aussi créer un maillage avec les acteurs engagés dans la protection de l’environnement.

C’est bien plus qu’un simple tube de crème solaire écolo. L’intérêt qu’a suscité le projet de la start-up Strasbourgeoise NIU sur la plateforme de financement Ulule est surtout un véritable plébiscite pour les causes environnementales. A la manœuvre, Hadrien Collot et Corentin Boisselier, tous deux 25 ans, ont en effet atteint 920 % de leur objectif, avec un projet de crème solaire au cahier des charges bien ancré sur l’écologie, la technicité et l’engagement…

28.000 euros récoltés

Ils espéraient 3.000 euros et ont récolté près de 28.000 euros. De quoi financer au plus vite d’autres partenariats et d’autres recherches. « C’est une crème solaire qui va encore évoluer, on peut lancer plusieurs de nos projets en même temps grâce à ce financement. Cela va aussi servir à des recherches plus poussées avec des laboratoires ou des acteurs indépendants, comme Océan protection France, pour travailler sur la formule du produit, sur les filtres, mais aussi sur son contenant, afin de diminuer plus encore l’impact des crèmes solaire dans les océans », explique Hadrien Collot.

Pour l’instant, les premiers tubes qui seront livrés sont encore « classiques », en plastique, d’une contenance de 50 ml pour éviter le gaspillage et avec un bouchon relié au tube, afin d’éviter de faire « trois déchets avec un seul produit et réduire ainsi l’impact environnemental » explique Hadrien Collot. Et pour aller plus loin, ils n’utilisent pas d’étiquettes mais une impression directe sur le tube.

Biodégradabilité et faible impact carbone

La start-up a depuis lancé des phases de développement sur d’autres points importants, rendus possibles grâce au financement obtenu : des tubes en matières végétales biodégradables, qui pourront être jetés directement au compost, des conservateurs naturels et des encres biodégradables. « Il faut continuer de faire des tests pour voir la stabilité du produit dans ces contenants, qu’il ne s’altère pas, mais cela permettra déjà d’avoir un impact carbone à la fabrication plus réduit encore. Nous travaillons avec trois laboratoires, assure Hadrien Collot. Nous cherchons à aller plus loin et en toute transparence, c’est ça le contrat. »

Autre corde à leur arc, pour chaque tube vendu, Hadrien et Corentin s’engagent à nettoyer au minimum 1m² de plage française et à replanter des récifs coralliens. « Nous pourrons certainement faire plus. C’est l’occasion de sensibiliser à la problématique des déchets plastiques. Nous réimplantons des coraux aussi avec un partenaire (bientôt deux), en Indonésie avec Coral guardian, des acteurs qui connaissent parfaitement leur environnement et nous prenons leur avis sur nos formulations. »

Mais l’idée de la « start-up engagée » est d’aller bien plus loin encore et de monter notamment une ONG, pour plus de transparence avec les fonds utilisés. Elle veut aussi créer un réseau entre les acteurs concernés par les problèmes écologiques et sanitaires à travers des actions engagées. Un véritable maillage européen, voire mondial.