Un Intercité en gare de Strasbourg le 7 avril 2019.
Un Intercité en gare de Strasbourg le 7 avril 2019. — FNAUT Grand Est

TRANSPORT

VIDEO. Strasbourg: Les usagers vont-ils payer la suppression brutale des Intercités Strasbourg-Paris par la SNCF?

Les Intercités entre Strasbourg et Paris, c’est fini. La SNCF a annoncé la suppression de la ligne dès le 19 mai

  • La SNCF a annoncé brutalement l’arrêt des Intercités entre Strasbourg et Paris à compter du 19 mai.
  • La compagnie met en avant le succès du Ouigo au détriment des Intercités pour justifier la suppression de la ligne.
  • Un argument rejeté par la fédération des usagers du Grand Est qui prédit une hausse des tarifs pour les usagers.

Ils étaient vieux, pas très confortables, lents et… surtout pas chers. Si vous aimiez prendre l’Intercité pour rejoindre Strasbourg de Paris et inversement, c’est terminé. La SNCF les a brutalement supprimés dès le 19 mai prochain.

Ils avaient pourtant été lancés par la SNCF à grand renfort de publicité en 2015. Avec pour mission de montrer les dents face à la concurrence des bus Macron, lancés la même année. Pour ceux qui avaient le temps, l’Intercité représentait un bon compromis pour le porte-monnaie : 4h30 de trajet pour un billet compris entre 15 et 35 euros.

Black-out médiatique

Désormais, il faudra se contenter du TGV. Certes, imbattable question rapidité, le train rallie Paris à Strasbourg en deux heures mais pas au même prix : entre 80 et 130 euros en moyenne. Et impossible de faire un dernier tour en Intercité. Le site de réservations de la SNCF n’accepte plus de commande.

La SNCF ne s’est guère montrée loquace sur leur suppression. Pourquoi un tel black-out médiatique ? « On ne va pas communiquer pour la moindre suppression de ligne », avance auprès de 20 Minutes le groupe ferroviaire. Des travaux sur les lignes en banlieue parisienne auraient déjà entraîné la suppression de l’un des derniers trains en circulation ce week-end.

Un argument qui laisse perplexe la FNAUT Grand Est, principale fédération d’usagers de la région qui est montée au créneau pour dénoncer la mesure. « L’entreprise a exploité cette ligne jusqu’en 2007 et tout à coup, ce serait devenu trop compliqué de faire circuler les trains ? », s’étonne son président, François Giordani.

Des prix plus avantageux ?

Pour justifier l’enterrement des Intercités, la SNCF indique aussi que la demande « a fortement basculé » sur les Ouigo qui « permettent de relier plus rapidement, dans les mêmes conditions que le TGV, Strasbourg à Paris à bas coût ». Autrement dit, l’offre Intercités ne serait plus rentable pour la SNCF, qui rappelle que son financement est assuré à 100 % par le groupe car hors convention d’Etat.

La compagnie préfère mettre en avant les tarifs soi-disant plus avantageux du Ouigo. « Avec le yield management, plus vous prenez votre billet à l’avance et moins vous payez », se félicite-t-elle. Faux, répond la FNAUT Grand Est, pour qui les usagers vont être les grands perdants de la fin des Intercités. « Avec le yield management et les options payantes, le Ouigo atteint rarement les prix des Intercités », se désole François Giordani.

C’est également l’avis de la sénatrice du Bas-Rhin, Fabienne Keller qui regrette elle aussi la suppression de cette ligne ». Laquelle « va entraîner une réduction de l’offre de transport, une hausse des prix et un report vers des modes de transport plus polluants », selon l’ex-maire de Strasbourg, candidate aux Européennes. La FNAUT Grand Est tente de rallier d’autres élus à sa cause.

Des courriers ont été envoyés à la Région, à la ville et à l’Eurométropole de Strasbourg. A ce jour, seuls trois élus ont répondu dont le sénateur du Bas-Rhin Claude Kern, qui indique avoir écrit au PDG de la SNCF, Guillaume Pépy, à ce sujet. En attendant, la FNAUT Grand Est demande à la SNCF de maintenir une offre de service.

La solution pourrait venir des TER Strasbourg-Nancy-Paris. Ces trains mis en place par la Région Grand Est circulent du lundi au vendredi. Sauf que leur financement n'est pas assuré car la collectivité en assume seule les coûts. Au moins, les usagers sont désormais prévenus.