Strasbourg: Des professeurs louent un appartement pour deux collégiennes à la rue

SOCIETE À Strasbourg, deux collégiennes qui risquaient de dormir dans la rue avec leur famille faute de logement ont trouvé un toit provisoire grâce à leurs professeurs

Nils Wilcke

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Une salle de classe (Illustration)
Une salle de classe (Illustration) — Pixabay
  • Un collectif d’enseignants du collège Lezay Marnésia à Strasbourg se mobilise pour deux collégiennes et leur famille, qui risquent de se retrouver à la rue.
  • Leurs professeurs leur ont payé une semaine de logement en location à leurs frais.
  • Ils demandent maintenant l’action des pouvoirs publics pour trouver à cette famille une solution de relogement.

Un collectif d’enseignants du collège Lezay Marnésia de  Strasbourg, dans le secteur de la Meinau, se mobilise pour deux de leurs élèves de troisième et leur famille qui risquent de se retrouver à la rue, faute de logement. Il s’agit de deux jeunes filles âgées de 15 ans. De nationalité kosovare, elles étaient hébergées dans le cadre de leur demande d’asile. Problème, cette demande a été rejetée et toute la famille a été priée de quitter les lieux le 8 avril dernier sans qu’une solution de relogement leur soit proposée.

Une semaine de location à leurs frais

Une situation intolérable pour une partie de leurs professeurs. « Elles doivent passer le  brevet à leur âge, pas finir à la rue » explique à 20 Minutes Agathe Bertrand, l’une des enseignantes du collectif. C’est terrible et choquant d’imaginer nos élèves sans logement une fois qu’ils ont quitté l’établissement ». Les deux jeunes filles ont également un petit frère scolarisé en classe de CP et une petite sœur en CM2.

Alors, le collectif d’enseignants, qui a déjà vécu une situation similaire il y a deux ans avec une famille d’origine arménienne, décide d’agir. En leur louant un appartement à Strasbourg pendant une semaine entière à leurs frais. « Nous avons eu recours à une location saisonnière, indique Agathe Bertrand. Mais cette solution ne pouvait pas durer pour des raisons financières. Les enseignants leur fournissent aussi des produits de toilette, d’hygiène, des couvertures et de la nourriture. Mais leur situation reste très précaire. D’autant que la famille a reçu l’ordre de quitter le territoire français.

Une situation d’urgence

Actuellement, la famille est logée dans l’appartement d’un ami en vacances, lequel revient ce jeudi. Et après ? « On ne sait pas comment on va arriver à les reloger », admet Agathe Bertrand. Le collectif d’enseignants songe aussi à contacter des associations de solidarité notamment pour procurer à la famille un panier alimentaire car ils n’ont plus aucune ressource.

Arrivées en 2016, les deux élèves ont fréquenté une classe classique après une année de remise à niveau dans une UP2A (Unité Pédagogique pour Elèves Allophones Arrivants). « Elles se sont très bien intégrées au collège malgré leurs difficultés », indique la professeure. Ces derniers ont saisi l’assistante sociale mais faute de moyens, aucune solution n’a pu être trouvée, indique le collectif. Les enseignants ont aussi saisi l’adjoint au quartier Mathieu Cahn pour l’avertir de « l’urgence de la solution », pour le moment resté sans réponse. Sollicité par 20 Minutes, l’élu ne nous avait pas non plus répondu au moment où nous publions cet article.