Strasbourg: Pourquoi avoir nommé un manager du centre-ville?

COMMERCE A la demande de ses commerçants qui rencontrent de nombreux problèmes, la ville de Strasbourg vient de se doter d’un manager de centre-ville

Gilles Varela

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Illustration. Commerces ouverts un dimanche à Strasbourg. Le 28 06 2009
Illustration. Commerces ouverts un dimanche à Strasbourg. Le 28 06 2009 — G. VARELA / 20 MINUTES
  • La ville vient de se doter d’un manager de centre-ville.
  • Il devra traiter les questions de l’attractivité commerciale de l’hypercentre, de sécurité, de stationnement, et de piloter les projets structurants.
  • Il sera en poste dès le 2 mai prochain, et sera l’interlocuteur direct auprès de la direction générale et rapportera directement au maire de Strasbourg, Roland Ries.

Voilà un petit moment que des nuages noirs planent dans le ciel strasbourgeois entre commerçants, associations de commerçants, riverains et élus. Problèmes de sécurité, de stationnement, d’accessibilité, de mendicité, de voisinage, de nuisances en tout genre… Certains font part de leurs désarrois sur des blogs, des pages Facebook, d’autres interpellent le maire Roland Ries… Ville touristique, Strasbourg compte pourtant l’un des cœurs de ville les plus puissants en France. Mais la situation devrait encore se compliquer avec un environnement commercial en mutation, notamment avec le développement des zones commerciales nord et sud de l’agglomération…

Aussi, à la demande de commerçants, la ville vient de se doter d’un manager de centre-ville. Ce dernier, prendra ses fonctions dans trois semaines, le 2 mai prochain. Le choix s’est porté sur Laurent Maennel, 50 ans, ancien directeur du centre commercial des Halles. Sportif (ancien des Pierrots Vauban), c’est un habitué des complexités administratives, des enjeux et des problématiques du monde du commerce et de ses acteurs. Il aura pour mission de coordonner et de piloter les réponses attendues par les commerçants. De travailler sur des propositions pour les questions stationnement, de qualité de vie et de sécurité, mais aussi de se pencher sur la question de la fréquentation du centre-ville, avec des projets structurants.

« Il y a des enjeux divers et des problématiques qui ne dépendent pas des fonctions qui me reviennent, explique Paul Meyer, actuel adjoint au maire en charge du commerce et du tourisme. Il y a une transversalité des choses à gérer dans un centre-ville, j’ai besoin d’aide, car à la différence de beaucoup de grandes villes françaises, je suis seul. La Direction du développement économique et de l’attractivité est éloignée des autres services opérationnels, donc je ne suis pas mécontent qu’il y ait un manager centre-ville. »

L’interlocuteur direct auprès de la Direction générale

Le manager servira donc d’interface entre commerçants et la ville, entre les différents services. « Il sera l’interlocuteur direct auprès de la direction générale, ce qui permettra de gagner en temps et en efficacité et de développer plusieurs projets structurants rapidement, affirme Paul Meyer. Sur certaines questions, il faut des réponses maintenant, on ne va pas faire un sondage pour savoir ce qui ne va pas. Il faut agir, au plus vite. »

Et dans les cartons du manager se trouvent des projets comme favoriser « le commerce de proximité, l’enseigne unique, qui met en valeur l’artisanat, favorise le lien social et humain », ajoute Paul Meyer. Ou bien encore d’un bureau du commerce afin d’accompagner la création de commerces indépendants, une sorte de guichet unique. « Il faudra aussi optimiser les nombreux baux commerciaux qui appartiennent à la ville. » Egalement dans les cartons, afin de faire revenir les consommateurs, piloter le projet d’une halle couverte ou bien encore une sorte de carte de fidélité, gérée par les commerçants et les associations de commerçants et négociée avec la ville. Cette dernière pourrait donner 10 % de réduction ou des minutes de gratuité de stationnement (pour les parkings en ouvrages) ou servirait à des opérations commerciales.