Strasbourg: Des bûchers funéraires romains découverts lors des travaux de l'extension du tram

ARCHEOLOGIE Six bûchers et des urnes funéraires ont été exhumés lors des travaux de l'extension du tram à Strasbourg. Cette nécropole romaine était inconnue.

Angélique Férat

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Strasbourg: Fouilles archéologiques sous le tram — A. Férat / 20 Minutes
  • Quelque 1,7 kilomètre de rails supplémentaire pour l’extension du tram permet de creuser sous les rues de la capitale alsacienne.
  • Les chercheurs ont retrouvé des urnes funéraires, d’un cimetière jusqu’alors inconnu.
  • D’avril à fin juin, d’autres fouilles d’urgence auront lieu cette fois entre la gare et la rue du Faubourg National.

C’est l'ultime découverte archéologique liée aux travaux de l’extension du tramway dans la ville de Strasbourg. Quelque 1,7 kilomètre de rails supplémentaires permet de creuser sous les rues de la capitale alsacienne. Le chantier se situe aujourd’hui au début de la route des Romains, à quelques mètres du quartier de Koenigshoffen de Strasbourg. Ici, à la sortie de l’autoroute, il y aura en 2020 un parking relais de 330 places et une station de la ligne F, « la porte des Romains ». Mais au début de l’Empire romain au IIe siècle, il y avait une nécropole à incinération. C’est l’unique dans ce quartier. On ne trouvera pas de stèle ou de corps inhumé, car à cette époque, la pratique de l’incinération domine.

Unique nécropole à incinération

Une des urnes retrouvées.

On a donc retrouvé des urnes funéraires. Les archéologues d’Alsace Archéologie sont surpris et ravis, ce cimetière était inconnu, on soupçonnait son existence sans plus. Quelques urnes avaient été dégagées à la fin du XIXe siècle. Autre surprise, la présence de bûchers-tombes. « Généralement, on ne retrouve pas les bûchers d’incinération, explique Mathias Higelin, l’archéologue responsable des fouilles, Ils sont détruits après la destruction du corps, mais ici certains bûchers ont été utilisés comme tombes. » Les bûchers se repèrent à la couleur rouge de la terre sur leur pourtour. Au départ, les archéologues ont cru dégager des fours de potiers, mais « les parois étaient durcies sur plus d’un mètre de profondeur et surtout il y avait des urnes funéraires avec des os. Et bien sûr des traces de charbon. »

C’était le cimetière de Koenigshoffen

Après l’incinération du corps, les os sont ramassés, nettoyés et placés dans une urne. Des offrandes sont ajoutées à la tombe pour accompagner le mort dans son voyage. Les excavations ont mis au jour des lampes à huile, des vases à parfum, des vases en verre. On se trouve ici exactement entre le camp de légionnaires qui se situait dans le centre-ville actuel et le quartier de Koenigshoffen qui était un village civil. Les fouilles préventives sur le chantier de l’extension de la ligne F ont déjà permis de dégager deux stèles funéraires, cinq fours de potiers, des latrines et des caves.

Alain Fontanel, le premier adjoint du maire de Strasbourg a annoncé un appel à projet. « Il faut valoriser cette histoire le long du trajet du tram à tout prix ». D’avril à fin juin, d’autres fouilles d’urgence auront lieu cette fois entre la gare et la rue du Faubourg National.