VIDEO. Strasbourg: Le temps de lecture «imposé» cartonne en primaire

EDUCATION Des écoles du primaire strasbourgeoises expérimentent chaque jour un temps de lecture imposé d’un quart d’heure en classe, dans le cadre du dispositif « Silence on lit ! »

Gilles Varela

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Dispositif Silence on lit ! à l'école primaire du Neuhof. Strasbourg le 11 mars 2019. Lancer le diaporama
Dispositif Silence on lit ! à l'école primaire du Neuhof. Strasbourg le 11 mars 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Des écoles strasbourgeoises expérimentent depuis mai 2018, et même depuis 2017 pour l’école primaire du Neuhof, le dispositif « Silence on lit ! »
  • Le principe : « imposer » un temps quotidien de lecture aux élèves, d’un quart d’heure pendant la classe.
  • Cette initiative rencontre un vif succès auprès des élèves rencontrés par 20 Minutes.

Il est 14 heures, la cloche vient de sonner à l’école primaire du Neuhof, un quartier de Strasbourg. Dans la classe de la professeure Christelle Bertrand, difficile de trouver des élèves plus calmes. Bouquins en main, des CE2, CM1 et quelques CM2 sont plongés dans des aventures et des mondes qui leur appartiennent. Et ce n’est pas à la venue du maire Roland Ries, ni même à celles de l’adjointe au maire en charge de l’éducation, Françoise Buffet, et d’une poignée de journalistes que l’on doit ce moment de concentration tout particulier. Les élèves semblent simplement pressés de pouvoir profiter pleinement de leur quart d’heure « imposé » de lecture.

Un temps de lecture quotidien inscrit dans le cadre de la démarche « Silence on lit ! » initiée par l’association du même nom et qui rencontre un vif succès partout en France, tant auprès des enseignants qui tentent l’aventure qu'auprès des élèves rencontrés. Dans l'école primaire du Neuhof, depuis plus de deux ans, toutes les classes instaurent, au même moment, ce dispositif. Et force est de constater que les élèves aiment. L’un juché sur une chaise, l’autre blotti sous un bureau ou sur des coussins, dans un petit coin de la salle. Pas de remontrance ou d’avertissement de la maîtresse, un vrai silence de lecture, apprécie le maire.

Dispositif Silence on lit ! à l'école primaire du Neuhof. Strasbourg le 11 mars 2019.
Dispositif Silence on lit ! à l'école primaire du Neuhof. Strasbourg le 11 mars 2019. - G. Varela / 20 Minutes

Bénéfique pour les élèves

« On a vraiment senti que c’était bénéfique pour eux, explique l’enseignante Christelle Bertrand. Ce ne sont pas des lectures qu’on leur impose, ils peuvent aussi ramener leurs livres et en changer autant de fois qu’ils le souhaitent si ça ne leur plaît pas, détaille ravie, l’enseignante. Il n’y a pas de compte rendu, de contrôles, rien. C’est vraiment du plaisir et ça fonctionne. Les enfants demandent même en conseil de classes que ce soit plus long. »

Hugo, en CM2, confie facilement lire une cinquantaine de livres par an. Ça m’a donné envie de lire plein d’histoires différentes et ça m’aide pour les dictées, pour comprendre les mots. » Le rêve… « C’est trop court », assure Kelyssa qui ne lâche pas son livre Mon journal grave nul. Et cet amour pour la lecture semble même être contagieux, enfin presque : « J’ai pas encore persuadé mon grand frère de lire plus, il est tout le temps sur son portable, mais c’est moi maintenant qui lis des histoires le soir à mon petit frère, ça lui plaît », s’amuse la jeune fille. Dario, un CM2, apprécie « vraiment » ce moment de lecture et se balade dans les couloirs avec Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling. « Oui, il y a de l’action. »

Depuis un an, un quart des écoles de la ville de Strasbourg tentent l’aventure « Silence on lit ! ».