Strasbourg: Pour les femmes, l’arrêt à la demande expérimenté dans les bus la nuit pour lutter contre le harcèlement de rue

SECURITE La ville de Strasbourg va expérimenter dans les semaines à venir l’arrêt à la demande dans les bus, pour les femmes, à partir de 22 heures, pour lutter contre le harcèlement de rue

Gilles Varela
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Nouvelle signalétique pour le bus de nuit, le Hibus. Place du Cordeau, Strasbourg le 30 septembre 2015.
Nouvelle signalétique pour le bus de nuit, le Hibus. Place du Cordeau, Strasbourg le 30 septembre 2015. — G. Varela / 20 Minutes

Nouveaux bus 100 % électriques, nouvelles dessertes… La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) bouge. Cette fois, elle s’engage aussi dans la lutte contre le harcèlement de rue des femmes. Comme dans d’autres villes françaises, à savoir Nantes, Bordeaux, Lyon ou bien encore dans certaines villes en Ile-de-France, la CTS va expérimenter l’arrêt à la demande dans les bus, à partir de 22 heures. Cette expérimentation, pour les femmes, se fera dans un premier temps sur la ligne 14/24, qui relie le Neuhof au centre-ville de Strasbourg.

« Aujourd’hui, les femmes sont les premières victimes du harcèlement de rue, et notamment le soir, souligne Alain Fontanel, président de la CTS et premier adjoint au maire. On veut donner aux femmes, après 22 heures, la possibilité de demander au chauffeur de s’arrêter entre deux arrêts pour réduire le temps de trajet entre le moment ou elle descend du bus et le moment où elle arrive à destination. » Cette expérimentation sur la ligne 14/24, qui relie le quartier du Neuhof au centre-ville en passant par la Kibitzenau et Neudorf pourra être étendue sur d’autres lignes mais aussi au Hibus, à savoir les bus de nuit.


D’abord établir « un protocole clair »

Concrètement, il y aura un système pour avertir le chauffeur qui s’arrêtera si possible au plus près de l’endroit demandé, à condition que les règles de sécurité soient respectées : « L’expérimentation se fera dans les semaines à venir. On travaille depuis plusieurs semaines sur un mode opératoire clair, à la fois pour garantir la sécurité des voyageurs mais aussi de la personne qui souhaite s’arrêter, précise Alain Fontanel. Il faut qu’il y ait un trottoir, cela ne peut pas évidemment se faire en plein milieu de la circulation, il y a des contraintes. Car l’objectif, rappelle le président de la CTS, est de renforcer la sécurité des femmes, mais cela ne doit par induire une insécurité pour d’autres ou pour elles-mêmes. »

L’adjoint au maire se dit également favorable à privilégier les places près des sorties réservées aux femmes dans les parkings publics, comme cela se fait dans certaines villes allemandes. « C’est important de donner des impulsions, on peut le faire avec les transports. Il faut aussi des campagnes d’information, y compris sur les parkings. »