Strasbourg: L’antisémitisme et les réseaux sociaux au cœur des réflexions des lycéens pour le Mois de l'autre

SOCIETE Le lancement du Mois de l’autre 2019, créé il y a 15 ans à Strasbourg suite à la profanation de cimetières juifs en Alsace, revêt à la vue de l’actualité, une importance toute particulière cette année

Gilles Varela

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Illustration d'un téléphone portable.
Illustration d'un téléphone portable. — Pexels
  • Le Mois de l’autre veut sensibiliser les lycéens et apprentis sur la différence. Ils étaient déjà plus de 100.000, l’année dernière, à s’être mobilisé.
  • Lancé au lycée Jean-Geiler-de-Kaysersberg à Strasbourg, le Mois de l’autre a pour thématique cette année « Vie privée et réseaux sociaux »

« En ces temps où les actes et les paroles antisémites se multiplient, le combat contre l’intolérance et le racisme n’est plus que jamais d’actualité », ont souligné les différents intervenants venus introduire le lancement mardi, du Mois de l’Autre.

Initiée en 2004 par le Conseil régional du Bas-Rhin et l'académie de Strasbourg après une vague d’actes antisémites sans précédent avec plusieurs profanations de cimetières juifs, le Mois de l'autre veut sensibiliser les lycéens et apprentis sur la différence. Ils étaient déjà plus de 100.000, l’année dernière, à s’être mobilisé. Cette année flèche en particulier les réflexions sur le rôle des réseaux sociaux, du harcèlement.

Lancé au lycée Jean-Geiler-de-Kaysersberg à Strasbourg, le Mois de l’autre a pour thématique 2019 « Vie privée et réseaux sociaux ». Un sujet « incontournable » assure Cassandra, en classe de terminale qui participe à l’opération. « Si c’est mal utilisé, les réseaux sociaux sont de véritables dangers, on voit des pages non surveillées, des propos déplacés, cela dépend de ce que l’on en fait, mais il faut être vigilant. »

L’heure est au décryptage, à l’analyse

Cette année donc, les projets articulés autour de sujets tels que le cyber-harcèlement ou le droit à l’image. Mais aussi la liberté d’expression, les sources de discriminations liées aux nouvelles technologies, l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, sur les réseaux sociaux ou bien encore l’impact des médias sociaux sur la construction de la pensée…

Véhicule de la haine pour certains, arme a double tranchant pour d’autres, l’heure est en effet au décryptage des informations qui circulent sur le net, à l’analyse. Aussi, la Région propose aux établissements scolaires du Grand Est plusieurs actions, en partenariat avec une soixantaine d’associations.

Mais cela passe aussi par un devoir de mémoire, « sur le terrain ». Avec, par exemple le voyage d’études au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau où plus de 2.000 lycéens depuis 2007 se sont rendus. Ateliers, sorties, mais aussi rencontres. Comme avec Salomon Levy, vice-président honoraire du consistoire israélite du Bas-Rhin. Ce dernier, lors d’un récit sur la Shoah qui a ému toute l’assemblée, a rappelé l’importance de connaître et d’accepter « l’autre ».

C’est d’ailleurs l’objet du très sollicité Rallye intercultes, dont il est en charge, organisé dans le cadre de l'opération. Ce dernier consiste à faire découvrir à des lycéens trois grands lieux de cultes. Et des opérations éducatives comme cela, il y en aura plus de 1.200 tout au long de ce mois.