Strasbourg: Au musée Tomi Ungerer, on salue «un artiste comme il en existe peu»

HOMMAGE A la rencontre des visiteurs du musée Tomi Ungerer, au lendemain du décès de l'illustrateur strasbourgeois

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Au musée Tomi Ungerer, au lendemain du décès de l'illustrateur.
Strasbourg: Au musée Tomi Ungerer, au lendemain du décès de l'illustrateur. — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Au lendemain du décès de Tomi Ungerer, 20 Minutes est allé à la rencontre des visiteurs du musée éponyme à Strasbourg, ville natale de l’illustrateur.
  • Les visiteurs ont salué un « très grand illustrateur », un « engagé », « critique », dont certains sont venus au musée ce dimanche pour rendre hommage à un « artiste comme il en existe peu ».

Des roses ont été placées dans l’œil de la statue accueillant les visiteurs du musée Tomi Ungerer, ouvert depuis 2007 à Strasbourg. Puis à l’entrée de l’établissement, un mot inscrit dans le livre d’or salue « la source de créativité [qui] vient de s’éteindre ». Voilà quelques-uns des discrets hommages rendus à Tomi Ungerer après sa disparition. Mais au musée éponyme, personne n’était passé à côté de l’annonce du décès de l'auteur et illustrateur strasbourgeois samedi 9 février, à l'âge de 87 ans.

Qu’il s’agisse des visiteurs strasbourgeois comme des touristes, tous l’avaient à l’esprit en passant la porte du musée dimanche matin. Mais la triste nouvelle n’a pas forcément précipité leur visite. « J’avais décidé de venir hier, avant d’entendre le soir que Tomi Ungerer était décédé. Je connaissais un peu l’artiste, mais je n’étais jamais venu au musée », indique ainsi l’Allemande Ina, venue de la commune d’Offenbourg, située à une trentaine de kilomètres de la capitale alsacienne.

« Un artiste engagé »

Comme elle, les Strasbourgeois Sophie et Alexandre avaient déjà programmé leur sortie au musée avec leur petite fille. « On s’est dit qu’un musée avec des dessins, ça pourrait être sympa pour elle, sourient les deux parents. Mais, au contraire, on s’est demandé si on n’allait pas annuler notre venue parce qu’on s’est dit que, avec son décès, il y aurait sans doute du monde au musée aujourd’hui. »

En arrivant dès l’ouverture dimanche matin, la petite famille a évité la foule. Ce qui laissera l’opportunité à Alexandre d’en apprendre davantage sur Tomi Ungerer. « Un très grand illustrateur », dixit le papa, citant par exemple Les Trois Brigands, avant d’ajouter qu’il était « un artiste engagé ».

Pour d’autres, l’annonce de la disparition de Tomi Ungerer aura été un déclic. C’est le cas de Jean-François, qui cherchait à occuper son dimanche pluvieux : « Ça a remis les choses en place. Quitte à faire un musée, autant faire celui-là. » Celui qui aime bien les œuvres de l’illustrateur, « sans être un fan absolu », le décrit comme « un personnage particulier. Il a vécu et est sorti de la guerre. Il est très critique sur la période allemande, comme Germain Muller d'ailleurs. » En visite à Strasbourg, Christine « connaissait l’homme et les livres pour enfants. Mais je découvre par exemple les choses humoristiques avec la cuisine alsacienne. Et puis j’aime son recul à plaisanter, avec des dessins humoristiques qui sont aussi très critiques ».

Une visite clin d’œil

Gérard connaît bien, lui, l’œuvre de Tomi Ungerer. « C’est la liberté », résumera celui qui est venu faire un « clin d’œil à celui qui nous regarde maintenant de la Lune ». Attristée, Hélène est « venue revoir ses illustrations pour une sorte d’hommage à un artiste comme il en existe peu ».