Strasbourg: A l'hôtel des ventes, il est «facile» de faire des affaires

COMMERCE Peu connu du grand public, l’Hôtel des ventes des notaires du Bas-Rhin, une structure unique en France qui propose aux enchères des œuvres d’art mais aussi beaucoup d’objets du quotidien…

Gilles Varela

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  • L’hôtel des ventes des notaires du Bas-Rhin est une structure unique en France.
  • La salle des ventes propose aux enchères des œuvres d’art mais aussi beaucoup d’objets du quotidien, accessible à « toutes les bourses ».

Besoin d’une grande armoire, d’une balance de précision ou d’un kangourou porte-revues, d’un tableau de Renoir ? A l’hôtel des ventes des notaires du Bas-Rhin, une structure unique en France que l’on doit au droit local, il est « facile » de faire des affaires… Des objets du quotidien, des œuvres d’art, du mobilier, des fourrures, des livres, des tableaux… L’inventaire est presque impossible tant la salle des ventes regorge de trésors.

« Ce ne sont pas des saisies judiciaires comme pour les ventes des huissiers, souligne Marie-Claire Lubin en charge de la relation clientèle, mais des ventes volontaires, par des particuliers ou lors de successions. » Située à Entzheim près de Strasbourg, la salle des ventes a été créée par les notaires il y a près de 30 ans. Aujourd’hui, une centaine d’études y adhèrent et une vingtaine de ventes sont organisées chaque année.

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« La magie des enchères »

Pour y participer, pas besoin d’être millionnaire. « C’est accessible à toutes les bourses, assure Romane Breton, qui s’occupe des ventes. Souvent, on a l’image des salles prestigieuses comme Drouot à Paris, où des œuvres se vendent des millions. En province, c’est un peu différent. Même si nous avons fait la vente d’un Piero di Cosimo pour 440.000 euros, un Kees Van Dongen à 305.000 euros, un Bernard Buffet à 42.000 euros, un Renoir à 162.00 euros… » Et la liste ne cesse de s’allonger. Prochainement, seront mis aux enchères de lettres de Verlaine…

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Mais bien souvent, il s’agit d’objets du quotidien, comme au Crédit Municipal. Commodes, lustres, bijoux, montres, vaisselles… « Pour faire une bonne affaire, mieux vaut rester discret, conseille Romane Breton. S’il y a quelque chose à laquelle vous tenez, mieux vaut attendre, ne pas se découvrir. S’il n’y a pas de surenchère, vous pouvez faire de sacrées affaires, c’est ça la magie des enchères ». « On peut avoir de belles surprises, surenchérit Marie-Claire Lubin. Et pour les ventes courantes (pas celles qui sont en catalogue), les prix vont de cinq à 500 euros en moyenne et on n'est pas obligé de s’équiper de meubles en kit. »

La prochaine vente se tiendra d’ailleurs dès ce jeudi, avec la mise en vente de 555 lots. Et pour l’emporter, il n’est pas obligatoire de se déplacer, même si assister à la criée ou voir le notaire qui « tient le marteau » et adjuge la vente peut avoir un certain charme. Car l’enchère peut se faire au téléphone (les lots sont visibles sur Internet), ou bien encore en inscrivant son prix limite sur un registre à l’entrée de la salle de vente. Cela a certainement moins de charme, mais quand on parle de faire des affaires…