Sous le Magic Mirror du festival Strasbourg mon amour, lancé vendredi 9 février 2018.
Sous le Magic Mirror du festival Strasbourg mon amour, lancé vendredi 9 février 2018. — Philippe de Rexel / OTSR.

SORTIES

Strasbourg: L'opération «Strasbourg, mon amour» a-t-elle changé après #MeToo?

L'opération «Strasbourg, mon amour» est de retour pour une 7e édition dans la capitale alsacienne, dans le but d'y répandre le romantisme...

  • L’opération « Strasbourg, mon amour » est de retour du 8 au 17 février, pour une 7e édition. Le programme de l’événement a été détaillé ce jeudi.
  • A l’ère post-#MeToo et #BalanceTonPorc, comment se prémunir des polémiques ou accusations sexistes lorsqu’on décline tout un programme autour de l’amour et de la Saint-Valentin ?
  • « Je crois qu’on l’a à l’esprit assez naturellement. Et en même temps, on est assez loin de cela. On fait gaffe, mais on n’en a pas la tentation, répond Sébastien Braun, de l’agence Passe Muraille, en charge de la programmation. “Strasbourg mon amour” est calibré pour mettre en avant l’amour, le romantisme, la délicatesse, la sensibilité… »

Parler d’amour, de couples, des relations hommes-femmes, du rapport aux corps, de désir, n’est pas forcément chose aisée. Décliner ce sujet à la fois avec tendresse, romantisme, humour voire folie, comme entend le faire l'opération « Strasbourg mon amour », peut compliquer le tout à l'ère post-#BalanceTonPorc ou #MeToo, où les polémiques, accusations et faits sexistes se succèdent.

Les programmateurs de l’événement strasbourgeois, visant à attirer les touristes dans la capitale alsacienne grâce à une déclinaison d’animations autour de la Saint-Valentin, ont-ils pris leurs précautions au moment de définir les dizaines d’événements prévus pour l’opération ? « Je crois qu’on l’a à l’esprit assez naturellement. Et en même temps, on est assez loin de cela. On fait gaffe, mais on n'en a pas la tentation, répond Sébastien Braun, de l’agence Passe Muraille, en charge de la programmation. “Strasbourg mon amour” est calibré pour mettre en avant l’amour, le romantisme, la délicatesse, la sensibilité… »

Une soirée dénoncée par les associations il y a quelques années

Un travail en amont est effectué par Passe Muraille. Puis, un comité de pilotage porté par l’Office de tourisme de Strasbourg et sa région (OTSR), et comptant dans ses rangs des représentants culturels, du secteur du tourisme ou encore de la communication, se réunit pour définir la programmation.

Il y a pourtant eu une polémique, il y a trois ans, avec une soirée «Red light district» proposée dans la programmation off par Mémé dans les orties et baptisée « Mémé fait sa chaude ». Les vitrines rouges, danseuses et dress code vintage porno chic avaient été dénoncés par un collectif d’associations.

« Du grand public et des choses pointues »

Les organisateurs ont tourné la page. Depuis, de tels événements ne sont plus organisés. Même s’il y a des propositions de la part « d’artistes, de compagnies, d’humoristes… Mais on se dit vite que “ce n’est pas nous”. On en a eu avant (#MeToo, #BalanceTonPorc, etc.), on en aura après », confie Sébastien Braun.

De là à se contenter d’animations «bon enfant» ? « On cherche à faire des événements grand public et fédérateurs oui, mais aussi des choses plus pointues », indique celui qui cite en exemple la programmation culturelle : une soirée dédiée à l’opérette, de l’opéra de poche, un récital de piano… « On tente de diversifier les canaux pour amener à l’amour. On fait une sorte de passerelle vers les cultures et les sexualités. » Tout en assumant également des clichés sur l’amour. « C’est une rencontre délicate entre la culture et le tourisme ou l’animation. »

 

La 7e édition de « Strasbourg mon amour » se déroule du 8 au 17 février. Au programme : diverses soirées dansantes au Magic Mirror sur la place Kléber, du mapping au Palais Rohan, éclairage rose sur différents sites de la ville ou un speed dating en patins à glace, mais aussi des balades en calèche Belle Epoque ou dans un taxi londonien.