VIDEO. Strasbourg: Quatre fois moins de recettes du stationnement pour la ville depuis la réforme

AUTOMOBILE Il y a un an, la réforme du stationnement payant sur la voirie entrait en vigueur à Strasbourg. Résultat, un report des automobilistes vers les parkings en ouvrage ou relais mais aussi moins de recettes dans les caisses de la ville…

Gilles Varela

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Strasbourg: La réforme de dépénalisation du stationnement, ça va changer quoi?
Strasbourg: La réforme de dépénalisation du stationnement, ça va changer quoi? — G. VARELA / 20 MINUTES
  • Un an après l’entrée en vigueur de la réforme du stationnement payant sur la voirie, la ville fait un premier bilan. 
  • Report des automobilistes vers les parkings en ouvrage et les parkings relais, plus grande rotation des véhicules sur la voirie, la réforme semble tout de même avoir atteint ses objectifs,
  • Mais les recettes qui devaient être générées par les forfaits post-stationnement (FPS) sont nettement moins élevées que prévu.

Un an après son entrée en vigueur, la mairie de Strasbourg a dressé le bilan de la réforme du stationnement payant sur voirie. Lors du conseil municipal de lundi, des chiffres ont été présentés. Alors les recettes des FPS correspondent-elles aux estimations attendues ? Les automobilistes se sont-ils adaptés ? Une chose est certaine, ils nourrissent toujours les polémiques.

Après un départ « un peu compliqué » avec les nouveaux horodateurs, reconnaît le maire Roland Ries, les automobilistes ont finalement vite compris que leur intérêt était de ne pas oublier de payer. La raison, même si les tarifs sont restés inchangés pour les deux premières heures, (trois heures en zone verte), ils augmentent rapidement au-delà… Même si les forfaits post-stationnement (FPS), les anciens PV pour simplifier, « n’ont pas augmenté, se défend l’élu, sous condition que l’automobiliste en infraction paie dans les trois jours ».

« Le produit des amendes a chuté considérablement »

Conséquences, les recettes FPS encaissées sont loin d’être celles escomptées. Estimées entre 6 et 10 millions pour 2018 selon les opérateurs, elles s’élèvent finalement à 1,5 million d’euros. Même si dans le détail les deux tiers des FPS encaissés sont minorés et payés dans les 72 heures. Néanmoins, un million d’euros supplémentaire, avec près de 32.000 FPS, sont encore en procédure de recours ou en attente de paiement.

« La philosophie générale est simple et claire, rappelle Roland Ries. Nous souhaitons réserver les espaces de stationnement sur voirie pour les stationnements rotatifs, de courte durée. Le produit des amendes a chuté considérablement par rapport à nos prévisions, parce que le système fonctionne bien et d’ailleurs on trouve des places en voirie. »

« Les usagers se sont adaptés et ont bien compris que les contrôles se sont renforcés et qu’il est plus avantageux d’aller en ouvrage dès lors qu’ils veulent stationner sur une longue période, souligne Jonathan Naas, adjoint au directeur de Mobilités et Espaces publics. D’ailleurs ces derniers enregistrent en moyenne une augmentation de la fréquentation de 3 %. Certains comme le parking Broglie atteignant même les 12 % d’augmentation et les parkings P + R affichent plus de 6,5 %. »

Toujours autant de monde ?

Autre sujet de discorde, l’épineuse question de la fréquentation en centre-ville. Si selon les chiffres de la ville « le taux d’occupation moyen dans la journée en zone rouge est de 83 %, et même de 86 % entre midi et deux », Fabienne Keller, membre de l’opposition municipale, s’interroge. « Le nombre de place sur voirie pour la même zone a dans le même temps fortement diminué. Cela ne colle pas du tout avec ce que nous disent les commerçants, à savoir beaucoup moins de personnes viennent au centre-ville. » L’élue d’opposition poursuit : « Il faut créer des facilités d’accès. La ville est un corps, il faut l’irriguer avec de nouveaux parkings en silo, bien placés ou bien reliés aux transports en communs. »