VIDEO. Strasbourg: Trottinettes électriques en libre-service, les opérateurs privés devront montrer patte blanche

MOBILITE Alors que les premiers opérateurs privés de location de trottinettes électriques en libre-service se pressent aux portes de Strasbourg, la ville met le holà et instaure une redevance…

Gilles Varela

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Trottinette électrique LIME. Illustration
Trottinette électrique LIME. Illustration — A.B./20 Minutes
  • Pour éviter les difficultés rencontrées par certaines villes confrontées au Free floating (sans station) d’engins de déplacements personnels électriques (EDP) comme les trottinettes électriques, Strasbourg met en place une redevance.
  • Les opérateurs privés de free floating qui veulent se déployer dans la ville devront d’abord respecter une charte.

Faciliter l’usage des déplacements doux, évidemment. Mais pas au prix du désordre sur le domaine public. C’est en filigrane le message que veut faire passer l’exécutif strasbourgeois auprès des opérateurs privés de location en free floating, comprendre sans station, de trottinettes électriques, de vélos… Mais aussi d’autres technologies à venir. Car tout comme à Paris, Toulouse, ou Bordeaux, ces derniers tapent à la porte de la première ville cyclable de France.

Trottinettes abandonnées au beau milieu de la rue ou bien encore sur les trottoirs, parfois jetées au sol, gênant le passage des piétons et des poussettes. Il est vrai que le spectacle offert dans les rues parisiennes peut faire hésiter certaines municipalités.

« Développer, c’est encadrer »

Pour éviter les couacs comme à Toulouse puis à Bordeaux, des villes où des opérateurs privés ont pris de cours les municipalités en lâchant des centaines de trottinettes sur les trottoirs, avant de les retirer précipitamment sous la menace de PV, Strasbourg veut réguler les choses. Elle met en place une redevance d’occupation de l’espace public pour les opérateurs de trottinettes électriques et les vélos en free floating. Elle sera de 7 euros par an et par trottinette et de 20 euros par an pour les vélos. « Cela devrait déjà réduire les nombres d’engins déposés mais aussi de réduire le nombre d’opérateurs intéressés », assure l’adjoint au maire en charge des mobilités alternatives Jean Baptiste Gernet. « La meilleure façon de développer, c’est d’encadrer, affirme Roland Ries, maire de Strasbourg. Tout cela est en train de se développer, avec les trottinettes, les gyropodes et on ne peut pas faire un site propre pour chacun, sinon il faudrait doubler la largeur des routes… », sourit l’élu.

Un cadre juridique pour réguler

« Les villes sont doublement désemparées, car ce sont des engins qui n’ont pas de statut réglementaire, mais aussi parce que les collectivités n’ont pas beaucoup de moyens de limiter l’arrivée d’opérateurs privés sur leur territoire » rappelle Jean-Baptiste Gernet. Et pas question d’attendre la future loi d’orientation des mobilités qui devrait établir un cadre réglementaire précis à l’utilisation en ville des engins de déplacements personnels (EDP) électriques. « Nous ne pouvons pas attendre sans avoir un cadre, alors qu’il y a de l’engouement pour ces modes de déplacements », explique l’élu.

D’où la publication d’un appel à l’initiative privée « qui est aujourd’hui le seul moyen juridiquement pour cadrer l’arrivée de ces opérateurs ». Pour être clair, à partir de la mise en place de cette redevance et de la publication de l’appel à l’initiative privée, seules les sociétés qui auront répondu à cet appel pourront déployer un service en free floating. « Si elles font partie de celle(s) que l’on acceptera sur le territoire », précise Jean Baptiste Gernet.

Des engagements

Dans cet appel, seront aussi définis les conditions et les engagements de l’opérateur, comme sur le fait d’exclure certaines zones du périmètre de location, par exemple la cathédrale ou la place Kléber. Des engagements ou des clarifications devront également être définis. Notamment sur les moyens de contrôles des sociétés qui laisseraient sur le trottoir des trottinettes pour ne pas avoir comme seul moyen, très limité d’ailleurs, la mise en fourrière de ces véhicules, ce que n’arrive pas à faire une ville comme Paris. »

On l’aura compris, il faudra donc patienter encore un peu pour voir l’arrivée des trottinettes électriques en free floating dans les rues de Strasbourg, mais chaque candidature sera minutieusement étudiée…