Strasbourg: Rapprocher commerçants et SDF, une mission «encore confidentielle» du Carillon

SOLIDARITE Le Carillon, une initiative mise en place récemment à Strasbourg par l’association La Cloche, veut renforcer et créer des liens entre commerçants et SDF. Mais pour l’instant, cela reste encore confidentiel auprès des personnes fragiles…

Gilles Varela

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Macaron Carillon sur la porte d'entrée du coffee shop Oh my goodness à Strasbourg, le 9 janvier 2019.
Macaron Carillon sur la porte d'entrée du coffee shop Oh my goodness à Strasbourg, le 9 janvier 2019. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le Carillon, une initiative solidaire qui tend à sensibiliser les commerçants et les habitants à la grande précarité, a débarqué à Strasbourg depuis mi-novembre.
  • Pour l’instant, cette offre de petits services pour les plus démunis reste très peu connue.

Offrir du Wifi, un petit lieu d’accueil pour lire un bouquin, un verre d’eau, un sandwich, un accès aux toilettes, voire une coupe de cheveux…. Autant de petits services que les bénévoles du Carillon, un projet caritatif de l’association La Cloche, demandent aux commerçants qu’ils contactent. L’objectif, sensibiliser les commerçants et les habitants aux problèmes des personnes en grande précarité en créant un réseau solidaire. Mais aussi et surtout créer des liens et des temps d’écoutes et d’échanges dans la ville. Si le Carillon existe déjà dans sept autres grandes villes Françaises, à Strasbourg, c’est tout nouveau, depuis la mi-novembre exactement.

Et pour l’instant, force est de constater que cela reste encore très confidentiel, voir inconnu auprès des personnes qui pourraient en bénéficier. Comme en témoigne Pierre, un Strasbourgeois « à la rue » depuis dix ans : « Je connais le Carillon, j’en ai déjà entendu parler à Paris, mais personne ne m’a dit que ça existait ici, regrette le quadragénaire. Mais c’est bien, surtout à cause du froid. » 

Réseau du Carillon et «logique collaborative»

Même constat à la librairie café La tache noire. Cette dernière a intégré le réseau depuis bientôt un mois. Elle propose un accès Internet, aux toilettes et d’autres petits services : pourtant « personne ne s’est présenté, je ne suis pas persuadée que les gens sont au courant », s’étonne Jennifer. Idem au Café Oh my goodness. Un lieu où l’on pratique le « café suspendu » depuis longtemps et également partenaire d’autres initiatives solidaires. Pour sa gérante Mylène Körper, intégrer le réseau du Carillon c’était une évidence, qui « s’inscrit dans la logique collaborative de son projet. Mais, oui, je n’ai pas vu de communication là-dessus, trop peu de personnes sont au courant. »

Une confidentialité qu’explique facilement la directrice du Carillon Strasbourg, Gabrielle Ripplinger : « Nous nous sommes dans un premier temps attachés à sensibiliser les commerçants, créer un réseau solide, d’avoir des bases solides à proposer. Nous allons maintenant communiquer sur cette offre auprès des personnes précarisées, en s’appuyant aussi sur nos partenaires comme MDM, l’Abri Bus… Mais aussi en allant à leur rencontre où en les recevant dans notre local. »

Une liste va être communiquée

Et pour y parvenir, l’association va établir des listes explicatives, une sorte de carte indiquant ce que proposent les commerçants du réseau, les contraintes aussi. Ces listes seront distribuées et accessibles au plus grand nombre. Côtés commerçants, ceux qui intègrent le réseau doivent apposer sur leur vitrine un macaron, avec des vignettes qui précisent les petits services qu’ils proposent aux bénéficiaires.

Pour l’heure, le réseau tourne autour d’une dizaine de bénévoles qui vont, rue par rue, expliquer la démarche du Carillon. « Une vingtaine de commerçants sont intéressés ou ont intégré le réseau, énumère Gabrielle Ripplinger. L’objectif est d’atteindre d’ici à la fin de l’année 70 à 80 commerçants. Mais plus que le nombre participants, c’est surtout la diversité des services offerts qui est importante. » Et cela s’annonce bien car après une pharmacie, des cafés, des boulangeries, des librairies, c’est l’espace culturel Django au Neuhof qui propose des billets suspendus.