VIDEO. Attentat à Strasbourg: Du silence puis «une minute de bruit» et des artistes bouleversants... L'hommage digne aux victimes

EMOTION Une foule s'est rassemblée au pied du grand sapin de la place Kléber ce dimanche matin pour un hommage aux victimes de l'attentat...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: hommage
Strasbourg: hommage — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées sur la place Kléber dimanche matin, en hommage aux victimes de l'attentat tuant quatre personnes.
  • Une cérémonie sobre et digne, durant laquelle des artistes locaux ont rendu hommage en musique face à une foule émue.

Un moment émouvant, sobre et digne. Dimanche, cinq jours après l'attentat tuant quatre personnes et en blessant douze autres au marché de Noël de Strasbourg, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dimanche matin sur la place Kléber, au pied du grand sapin de Noël, pour un hommage aux victimes.

Une jeune femme essuie quelques larmes qui coulent sur ses joues. « C’est dur… », souffle celle qui n’arrivera pas à se confier davantage. « J’étais sur cette même place après Charlie, j’étais là après le Bataclan… Je ne pouvais pas ne pas être là quand ma ville a été en première ligne, touchée en son cœur », chuchote Rémi. Comme pour ne pas briser le silence qui règne sur cette place Kléber, quelques minutes avant le début de l’hommage.

Quand on n’a que l’amour par Léopoldine, un moment de grâce

Il va perdurer, ce silence, durant l’hommage aux victimes. La place Kléber est aussi calme que les paysages bas-rhinois revêtus de leur manteau de neige ce dimanche au réveil. La quiétude après des jours dramatiquement intenses. La cérémonie, organisée par plusieurs associations de défense des droits de l’Homme, s’est ouverte sous la pluie et sur un air de violoncelle, joué par un Alsacien. Plusieurs artistes locaux se succéderont, sur la scène minimaliste montée au pied du sapin, pour des instants musicaux.

La reprise en douceur de Quand on n’a que l’amour par Léopoldine fut bouleversant. Et le temps s’est suspendu au son du duduk, instrument de musique arménien, lors d’un morceau spécialement composé pour cet instant et qui a fait revenir les éclaircies sur la place Kléber.

Une « minute de bruit » pour symboliser le retour à la vie

Il y a eu quelques prises de parole. Un propos d’abord de Christine Panzer, porte-parole du collectif organisateur :

« Nous avons le cœur serré et la gorge nouée. Nous aurions préféré être ailleurs ce matin. Nous n’aurions jamais voulu vivre ce cauchemar. Nous pensons aux victimes. Les mots nous manquent pour exprimer l’horreur qui nous touche. Le temps est au deuil et au recueillement, et à la solidarité. Nous affirmons que nous ne baissons pas les bras. Nous refusons tout discours de haine. »

Les noms des quatre personnes décédées sont listés, avant l’expression de pensées pour celles et ceux « qui luttent encore contre le mort, à tous les blessés, aux familles et aux proches ».

Le rassemblement, qui a duré un peu moins d’une heure, s’est terminé avec une « minute de bruit », puis une Marseillaise improvisée, presque murmurée au pied du grand sapin. Les Strasbourgeois, souvent venus en famille, quittent alors la place Kléber. Les enfants sourient, s’amusent avec le reste neige qui perdure au centre-ville. La vie, l’amusement et le bruit, donc, reprennent leur place.