Meurthe et Moselle: Un arrêté autorisant les tirs de nuit des renard roux suspendu, ça change quoi ?

ANIMAUX Un nouvel arrêté autorisant les tirs de nuit des renards roux suspendu en Meurthe-et Moselle…

Gilles Varela

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Illustration renard roux.
Illustration renard roux. — WHITEWOLF/SIPA
  • La fédération départementale des chasseurs de Meurthe-et Moselle avaient obtenu le 1er octobre l'autorisation de tirs de nuit des renards roux pour une durée de trois mois.
  • Des association protectrices des animaux ont en référé fait suspendre cette autorisation.

Le renard roux va pouvoir se balader tranquille la nuit. Les associations protectrices des animaux, notamment One Voice, ont permis de suspendre le 28 novembre un arrêté préfectoral de Meurthe et Moselle, autorisant des tirs de nuit pendant les trois derniers mois de l’année, sur 500 renards roux. Si ce n’est pas la première fois qu’un arrêté préfectoral sur ce sujet est suspendu, cette fois-ci il pourrait bien faire date car la décision du tribunal administratif de Nancy est prise avant la fin de la période de tir autorisée : « A chaque fois qu’un arrêté est pris, on l’attaque et on gagne, se félicite Muriel Arnal, présidente de One Voice. Mais souvent le tribunal ne voit pas l’urgence et nous donne raison deux ans plus tard. Cela a été le cas pour un arrêté de 2016 dans les Ardennes. »

Une satisfaction d’autant plus grande que cette nouvelle décision n’a, finalement, rien de surprenante. Déjà en janvier le tribunal administratif de Strasbourg avait suspendu un arrêté autorisant le tir de nuit des renards en Mosellemême si cette autorisation courrait également depuis 2016...

« Favoriser le retour du petit gibier »

Une décision de justice que ne souhaite pas commenter Roméo Rieder, le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Meurthe et Moselle. Cette dernière est à l’origine de cette demande auprès de la préfecture. « Il ne s’agit pas de chasse, souligne Roméo Rieder. Mais d’une opération de régulation réalisée par douze agents de l’Etat agréés. Il n’y a pas de pénurie de renard dans le département. Ils se comptent par plusieurs milliers et cela entraîne des dégâts, notamment dans les petits élevages. En revanche il y a de moins en moins d’oiseaux autochtones. » Objectifs des chasseurs ? Protéger les petits gibiers comme les perdrix, les faisans où bien encore les lièvres, dont le renard roux est friand. « Nous investissons beaucoup d’argent et de temps pour leur réimplantation. Rien que pour les jeunes faisans, cela représente 20.000 euros cette année, détaille le chasseur. On loue des territoires pour planter des cultures favorables aux petits gibiers et nous mettons en place d’autres mesures avec les agriculteurs pour les protéger et favoriser leur développement. On ne chasse pas le petit gibier réimplanté avant au moins deux années. » Mais entre chasseurs et associations protectrices des animaux, c’est un peu un dialogue de sourd. « Les chasseurs demandent aux préfets de prendre des arrêtés parce qu’ils voient les renards comme des concurrents, surtout dans les zones où il y a des lâchers de gibiers, explique Muriel Arnal. Si les faisans ou les perdrix sont moins nombreux en Meurthe-et-Moselle, c’est aussi parce que les chasseurs les tuent. » Roméo Rieder lui, préfère souligner le rôle « des renards, des changements climatiques et des transformations dans l’agriculture », souligne Roméo Rieder.

Malgré la suspension de l’arrêté le 28 novembre, plus d’une centaine de renards roux ont déjà été tués, la nuit, depuis le 1er octobre, date de l’autorisation préfectorale. Si le tir de nuit est désormais interdit, la chasse du renard reste toujours autorisée en pleine journée.