Strasbourg: La Hear se donne de l'air en s'installant à la Manufacture des tabacs

ETUDES La Haute école des arts du Rhin va déménager une partie de ses activités au sein de la manufacture rénovée...

Alexia Ighirri

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Strasbourg: La future Hear au sein de la Manufacture des tabacs. Philippe Prost, architecte / AAPP © adagp – 2018
Strasbourg: La future Hear au sein de la Manufacture des tabacs. Philippe Prost, architecte / AAPP © adagp – 2018 — Philippe Prost / AAPP - Mirage visualistation
  • En partie située au 1, rue de l’Académie à Strasbourg, la Haute école des arts du Rhin (Hear) va emménager de l’autre côté de la rue, dans un bâtiment de l'ancienne Manufacture des tabacs qui sera restaurée.
  • L’accès à de nouveaux espaces (plus de 4.000 m² à la Manufacture des tabacs) va permettre à la Hear - qui conserve ses autres sites - de complètement se réorganiser.
  • Le jardin de la Hear déjà accessible librement au public va s’ouvrir un peu plus encore. Le parvis sera dégagé par la démolition du mur d'enceinte, ce qui donnera lieu à la création d’une place publique dans le quartier de la Krutenau.

On a tous rêvé de pouvoir pousser les murs lorsqu’on se sent un peu à l’étroit. Eh bien c’est ce que va quasiment pouvoir faire la Haute école des arts du Rhin (Hear). En partie située au 1, rue de l’Académie à Strasbourg, cette école multisites et pluridisciplinaire va emménager de l’autre côté de la rue, dans un bâtiment de l'ancienne Manufacture des tabacs qui sera restaurée.

« C’est une magnifique opportunité de regrouper les étudiants en arts plastiques et les étudiants en musique », se réjouit le directeur de la Hear, David Cascaro. Et de faciliter les projets entre eux : « Aujourd’hui, les croisements se font à l’initiative de professeurs ou d’étudiants, mais ne font pas partie des cursus », poursuit-il. C’est alors tout un écosystème de la création artistique qui va se mettre en place.

Plus de 4.000m² supplémentaires en 2022

Il ne s’agit pas pour autant de traverser la rue cartons à la main : l’accès à de nouveaux espaces (plus de 4.000 m² à la Manufacture des tabacs) va permettre à la Hear - qui conserve ses autres sites - de complètement se réorganiser. « Il y a 150 étudiants à la Cité de la musique et de la danse qui peinent à trouver un endroit où jouer. Là c’est l’opportunité d’avoir 30 studios pour musiciens », cite en exemple le directeur de l’école. Le bâtiment abritera également un plateau scénique, des ateliers vidéo, son et cinéma d’animation ou encore un espace de stockage.

L’association étudiante de l’école, La Mine, va également gagner quelques mètres carrés en déménageant dans le nouveau bâtiment. Les travaux de la manufacture doivent commencer en avril 2020. Pour une rentrée des étudiants dans leur nouvel écrin à l’automne 2022.

Une délibération du conseil municipal lundi doit permettre à la ville d’acheter les surfaces concernées à la SERS pour 3,3 millions d’euros. Au final, le coût du projet s’élève à 15 millions d’euros.

Pour la nouvelle Hear, le projet développé par le cabinet d’architecture Philippe Prost a été retenu. Récemment en charge du Mémorial international Notre-Dame-de-Lorette ou de la réhabilitation de l'Hôtel de la Monnaie, l’architecte a su respecter « la dimension patrimoniale du bâtiment et la fonctionnalité du lieu », indique Alain Fontanel, adjoint au maire en charge de la culture et président de la Hear.

Une nouvelle place dans le quartier de la Krutenau

Dans ses autres bâtiments, la nouvelle manufacture accueillera par ailleurs pôle de géosciences, de l’eau, de l’environnement, et de l’ingénierie de l’université de Strasbourg, l’incubateur régional de start-up Sémia ou encore une auberge de jeunesse. Le site sera donc largement dédié à la jeunesse, avec quelque 1.500 étudiants sur place. Ces derniers pourront bénéficier d’un centre de ressources documentaires.

La Manufacture de tabac de Strasbourg (Archives)
La Manufacture de tabac de Strasbourg (Archives) - G . VARELA / 20 MINUTES

Hors les murs, les choses bougeront aussi. Le jardin déjà accessible librement au public va s’ouvrir un peu plus encore. Le parvis sera dégagé par la démolition du mur d’enceinte, ce qui donnera lieu à la création d’une place publique dans le quartier de la Krutenau. C’est ici la dimension urbaine du projet, dans laquelle David Cascaro voit « le symbole de la place de l’artiste dans la société. Il n’y a pas que son petit monde de culture, il doit se confronter à la réalité sociale et économique de la société ».