Strasbourg : L’horloge astronomique de la cathédrale va retrouver son éclat

PATRIMOINE L’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg, datant de la fin du XVIe siècle, va retrouver son aspect visuel de 1843, date à laquelle s’acheva sa transformation par le mathématicien Schwilgué…

Gilles Varela

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L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.  Le 13 novembre 2018. Lancer le diaporama
L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • L’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg bénéficie actuellement de toutes les attentions.
  • L’objectif de l'opération est surtout de faire un état des lieux du buffet et les automates de l’horloge.
  • A l’issue des travaux, à la mi-novembre, l’horloge astronomique aura retrouvé son aspect visuel de 1843, date à laquelle elle fut livrée par le mathématicien Schwilgué.

L’horloge astronomique n’a plus le temps. Dans quelques jours, les échafaudages et la bâche qui la cache (ce qui déçoit bien des touristes venus admirer chaque jour les automates et ses mécanismes), vont disparaître. Un chantier éclair de deux mois dans la cathédrale de Strasbourg, va en effet s’achever. Il était nécessaire car si l’horloge est finalement tant observée, elle n’est en revanche pas si connue des experts.

Les raisons ? Pratique essentiellement. Difficilement accessible, l’horloge et ses recoins, du haut de ses 19 mètres de hauteur, ne donne pas vraiment l’occasion d’être bichonnée. La dernière fois, c’était en 1945, pour le rattrapage de quelques infiltrations d’eau très localisées et la réparation d’une statue endommagée par le bombardement de 1944 après l’effondrement de la tour croisée. Une rénovation avec les moyens de l’époque et la précipitation du moment, peu documentée.

L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018.
L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Une opération globale d’étude, de conservation et d’entretien

Le ministère de la Culture a saisi l’occasion de l’installation d’échafaudages « sur mesure » utilisés pour la restauration de vitraux à proximité immédiate de l’horloge astronomique, pour lancer la rénovation du buffet de l’horloge. Cette mission de 175.000 euros, financée par la DRAC, a été confiée mi-septembre à une équipe d’experts pluridisciplinaires du Centre régional de conservation et de restauration des œuvres d’art (Vesoul), pour les parties supports bois et sculptures. L’occasion également de comprendre comment cette partie de la cathédrale et cet objet se sont transformés au fil du temps.

Construit à la fin du XVIe siècle et décoré par le peintre suisse Tobias Stimmer, le buffet a été repris au XIXe siècle par le mathématicien Jean-Baptiste Schwilgué. Ce dernier a élaboré une nouvelle horloge (l’ancienne était tombée en panne à la Révolution) en reprenant pour l’essentiel la structure du buffet. « Il a été abîmé par le temps, par le bombardement de 1944, il était très empoussiéré, attaqué par des insectes xylophages (mangeurs de bois), des moisissures, des efflorescences salines dans le grès, détaille Jean-Louis Napoléon Panel, conservateur des monuments historiques de Strasbourg. Tout cela a nécessité de faire une opération globale d’étude, de conservation et d’entretien. »

L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018.
L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Pas une restauration

« Ce n’est pas une opération de restauration intégrale de l’horloge mais surtout une opération de maintien en état, de conservation des éléments abîmés, précise Valerian Loyau, restaurateur sculptures. On n’a pas enlevé certains vernis, on essaie juste de décrasser les surfaces pour donner une lecture agréable de l’œuvre, on ne restaure pas pour trouver des aspects plus anciens ».

L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018.
L'Horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg. Le 13 novembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Le chantier a permis de retrouver, sur les feuilles d’or encrassées, certains motifs d’antan, ou bien encore de réparer à l’aide de résines certaines parties manquantes des statues, comme la patte d’un lion mangé par les insectes. « Des interventions légères de mise en valeur, précise modestement Julie Sutter, restauratrice de tableau. Il s’agissait de comprendre les stratigraphies et l’histoire des peintures en fonction des couches qu’on voyait. Les panneaux peints avaient été très peu étudiés. »

Il faudra donc encore un peu de patience et attendre le 21 novembre, après le démontage des plateaux de l’échafaudage, pour retrouver l’aspect de l’horloge en 1843, l’état de référence retenu pour ce « grand nettoyage », date à laquelle l’horloge fut livrée par le mathématicien Schwilgué.