Europa-Park: Un projet de téléphérique entre le parc d'attractions et l'Alsace dévoilé

TRANSPORTS Le parc d'attraction allemand, situé à Rust à la frontière avec la France, a présenté son projet transfrontalier de liaison téléphérique au-dessus du Rhin...

Alexia Ighirri

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Europa-Park n'a jamais autant investi dans une attraction qu'avec son Voletarium.
Europa-Park n'a jamais autant investi dans une attraction qu'avec son Voletarium. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Ce mardi, Europa-Park a présenté son tout nouveau projet franco-allemand de liaison téléphérique enjambant le Rhin.
  • Après un échange positif avec le président Macron à Strasbourg, le parc d'attractions allemand compte investir en France.
  • Encore au stade de projet (entre lieu d'implantation et date de création à définir), le téléphérique sera accompagné d'hébergements, à terme.

Décidément, Europa-Park aime la France, à commencer par le territoire voisin, l’Alsace. Après avoir joué à fond la french touch avec (encore) Luc Besson et le Moulin rouge pour son nouveau quartier français, ou décidé  d'implanter sa filiale multimedia Mack Media à Plobsheim (Bas-Rhin), le parc d’attractions allemand situé à Rust, à la frontière, a annoncé un nouveau projet d’investissement en France. Un défi d’ampleur : une liaison téléphérique par-dessus le Rhin.

L’annonce de ce projet franco-allemand a été faite au lendemain d’un entretien avec le président de la République. Lors de sa venue à Strasbourg ce dimanche, Emmanuel Macron a en effet reçu à la préfecture Roland Mack, propriétaire d’Europa-Park, et son fils Michael, associé-gérant.

Des offres d’hébergement du côté français

Après l’annonce, une conférence de presse a été organisée ce mardi en fin d’après-midi. Avec peu de nouvelles informations sur ce futur équipement transfrontalier, qui n’en est qu’au stade du projet, si ce n’est que le téléphérique doit permettre d’améliorer la desserte de la région alsacienne et délester l’infrastructure routière actuelle de manière conséquente. « Europa-Park compte chaque année plus d’un million de visiteurs originaires de l’Hexagone, et plus de 1.000 collaborateurs font la navette entre l’Alsace et Rust au quotidien », rappelle le parc dans un communiqué.

Le téléphérique est la partie la plus visible de ce nouveau défi que s’est lancé la famille Mack. Puisqu’elle annonce que par la suite, « Europa-Park prévoit la réalisation d’offres d’hébergement du côté français. Ce projet, conçu selon les principes du développement durable et construit autour du thème de la nature, pourrait créer à terme des emplois sur le sol français ». Des « milliers d’emplois », a renchéri Emmanuel Macron lundi soir sur Twitter.

« Au-delà du téléphérique – qui est un passage de plus sur le Rhin qui n’en compte pas tellement donc c’est déjà une bonne chose – il se dessine un projet plus vaste. J’attends d’en savoir plus. Mais il semble que le parc prévoit le développement d’activité en Alsace, ce qui serait un projet plus ambitieux encore que le seul téléphérique », a commenté auprès de 20 Minutes Antoine Herth, député (Agir) de cette circonscription du Bas-Rhin.

Deux variantes pour le téléphérique, Rhinau ou Diebolsheim

Selon la chaîne de télévision allemande SWR, deux variantes sont à l’étude, longues de plus de cinq kilomètres : entre Rust et Rhinau ou entre Rust et Diebolsheim. Avec, dans le secteur, « une densité de classements environnementaux très forte, dixit le député bas-rhinois. Certaines parties comptent 14 classements différents. Il faudra voir cela, peut-être y aura-t-il des mesures compensatoires ? »

L’association environnementale Alsace Nature n’a, en tout cas, pas tardé à le rappeler à Emmanuel Macron.

Le projet ne pourrait se concrétiser que dans plusieurs années : « Les détails sont actuellement examinés en concertation avec les
administrations française et allemande », indique encore Europa-Park. Qui assure que l’idée « a reçu un écho très positif et bénéficie d’un soutien appuyé de la part du ministère français de l’Economie, et du président de la République, ainsi qu’au sein des
instances régionales et fédérales à Stuttgart ». Prochaines étapes ? « Elles seront précisées et discutées avec l’ensemble des parties prenantes et évaluées dans le cadre des procédures d’autorisation. »

Il faudra aussi voir comment la population alsacienne va apprivoiser le projet. « Pour le moment, je crois qu’ils sont comme moi, surpris de l’annonce qui tombe un peu du ciel, sourit Antoine Herth. Il y aura une phase de réaction et d’accompagnement. Leurs conditions de vie pourraient être modifiées : si c’est juste la création d’un parking pour un téléphérique, ça va aller, mais si d’autres activités se développent, c’est un autre sujet. » L’élu sait qu’il y aura « des interrogations sur la manière dont cela va se mettre en place » et aussi des « conséquences sur l’accessibilité. C’est une zone où il n’y a que des routes secondaires. Il y aura donc un sujet sur l’accès à cette plateforme. »