Alsace: Que devraient changer au quotidien les nouvelles compétences de la future collectivité européenne d’Alsace?

POLITIQUE Les nouvelles compétences de la future collectivité européenne d’Alsace en janvier 2021 pourraient bien changer votre quotidien…

Gilles Varela

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Brigitte Klinkert, Edouard Philippe, Jean Rottner, Jacqueline Gourault et Frederic Bierry.
Brigitte Klinkert, Edouard Philippe, Jean Rottner, Jacqueline Gourault et Frederic Bierry. — SIPA
  • Le gouvernement a acté lundi la création d’une collectivité européenne d’Alsace.
  • Elle sera effective en janvier 2021.
  • Concrètement dans la vie quotidienne, les compétences supplémentaires ou élargies de la future collectivité devraient faciliter les rapports transfrontaliers, le plurilinguisme, les mobilités, le tourisme.

Avec la signature lundi de la déclaration commune signée pour la création d’une collectivité européenne d’Alsace, effective au premier janvier 2021, l’Alsace se voit dotée de nouvelles compétences, certaines élargies, à défaut d’un nouveau statut. Saluées par la très grande majorité des élus, ces compétences supplémentaires restent encore à préciser.

Au-delà des premières batailles du siège, d’un projet commun fort ou tout simplement d’avoir obtenu la possibilité de disposer d’une plaque minéralogique flanquée du logo de la collectivité européenne d’Alsace sur son véhicule, que peut concrètement apporter cette nouvelle collectivité dans la vie quotidienne ?

Dans l’action transfrontalière

Clairement rappelée dans la déclaration commune, « l’action transfrontalière est le cœur du projet de la collectivité européenne d’Alsace ». Cela devrait permettre de développer des projets bi ou tri nationaux… De réaliser « des grands chantiers économiques et politiques porteurs d’avenir, à l’image de la transition écologique avec la construction de l’après-Fessenheim », indique le texte. Cette nouvelle collectivité aura donc la mainmise sur les projets structurants, comme la santé, la formation professionnelle… « Il faut penser Rhénan, parce que c’est un lien naturel, assure le président du Conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry. Il y a des enjeux à travailler plus étroitement avec l’Allemagne, il faut que ça soit simple et en proximité. »

Mobilités, qu’elles soient routières ou même cyclables, ferroviaires, comme des liaisons entre Colmar et Freiburg et même de santé, les exemples ne manquent pas. « La maternité de l’hôpital de Wissembourg pourrait peut-être être sauvée après une collaboration, une étude facilitée avec l’Allemagne », assure Frédéric Bierry. Autre exemple, certains diplômes à l’université pourraient être communs aux deux pays. « Le fait de travailler à l’échelle alsacienne rend le lien facile, notamment avec l’Etat », souligne Frédéric Bierry.

Dans le transport

Avec le transfert des routes nationales, soit 300 kilomètres, dont l’A35, un mécanisme de régulation du transit poids lourds pourrait être mis en place, afin de « répondre à l’asymétrie entre l’A5 allemande et son péage kilométrique et l’A35 française, gratuite ». Pour simplifier, cela pourrait permettre l’installation d’une écotaxe pour les poids lourds. Mais rien n’est encore défini. Si l’enjeu des négociations était d’obtenir une écotaxe pour les poids lourds, « le gouvernement n’a néanmoins pas voulu le mettre de manière aussi formelle que ce que l’on souhaitait dans le texte, regrette Frédéric Bierry. Tout simplement parce qu’ils ont aujourd’hui une réflexion nationale qui n’est pas tranchée. Une taxe, un péage, une vignette ? C’est un sujet qui sera travaillé. »

En revanche, pour les Strasbourgeois, la partie de l’A35 qui traverse l’Eurométropole pourra être requalifiée en voirie urbaine, à condition que l’Eurométropole en fasse la demande et seulement « après la mise en service du GCO », précise bien la déclaration…

Renforcer le bilinguisme

Il est formellement rappelé dans la déclaration commune que « pour s’ériger en territoire symbole de l’ambition européenne de la France, l’Alsace doit devenir un territoire plurilingue ». Le texte indique également que dans le renforcement de la politique du bilinguisme et du plurilinguisme souhaité, la nouvelle collectivité n’aura qu’un rôle de pilotage et d’accompagnement de l’action éducative en allemand et en alsacien. En matière de recrutement de personnels, la formation et la titularisation des enseignants resteront de la compétence de l’Etat.

Cependant, un dispositif de recrutement complémentaire est autorisé. « C’était très important. Aujourd’hui on n’arrive pas à recruter suffisamment de professeurs d’allemand dans le système classique de l’éducation nationale, souligne Frédéric Bierry. Il n’y a pas assez de candidats, et il n’y a pas assez de postes ouverts. On aura donc la possibilité d’embaucher nous-même, d’aller chercher des professeurs allemands pour des cours supplémentaires avec une pédagogie ludique, basée sur la vie courante, rajouter du temps d’échange en allemand. »

Dans le tourisme et l’attractivité économique

Coordinatrice, chef de file, la collectivité européenne d’Alsace va pouvoir renforcer l’Adira. Cette dernière, alors qu’elle était menacée, pourrait se voir confier plusieurs « blocs de compétences », comme le développement économique, l’insertion par l’activité économique, l’accès aux services départementaux…