Strasbourg: Le retour des trains de nuit sur la bonne voie?

TRANSPORTS Jeudi, des militants se sont mobilisés devant la gare de Strasbourg pour réclamer la réouverture des lignes de nuit…

Alexia Ighirri

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Train de nuit: Les Nightjets autrichiens connaissent une forte augmentation de la fréquentation
Train de nuit: Les Nightjets autrichiens connaissent une forte augmentation de la fréquentation — ÖBB/Harald Eisenberger
  • Quelques dizaines de militants se sont retrouvés devant la gare de Strasbourg pour demander le retour des trains de nuit. Avec quelques motifs d’espoir.
  • La ministre des Transports a récemment annoncé que « les deux dernières lignes de train de nuit en France vont être maintenues ». Une « très bonne nouvelle », selon Nicolas Forien du collectif « Oui au train de nuit », qui note « un changement de perspective et de discours ».
  • Avec son offre Nightjet, la compagnie autrichienne ÖBB a repris, avec succès, le développement du réseau dans la plupart des pays voisins. 

Il y a deux ans, circulait pour la dernière fois l’Intercité de nuit Strasbourg-Nice. Avant lui, c’est le train de nuit en direction de Portbou qui avait été arrêté. Deux des six liaisons étaient mises en sommeil à cette période en France. Jeudi midi, quelques dizaines de militants se sont retrouvés devant la gare strasbourgeoise pour demander le retour de ces trains de nuit dans la capitale alsacienne et, plus globalement encore, à l’échelle nationale.

Rassemblement à Strasbourg pour le retour des trains de nuit.
Rassemblement à Strasbourg pour le retour des trains de nuit. - A. Ighirri / 20 Minutes

Parmi les militants rassemblés sur la place de la Gare, des représentants de syndicats, d’associations d’usagers ainsi que le collectif « Oui au train de nuit ». Ce dernier a imaginé un réseau avec une quinzaine de lignes de nuit en 2028, mais veut d’abord donner priorité aux liaisons transversales comme la Strasbourg-Portbou. Le collectif comme les militants peuvent avoir quelques motifs d’espoir.

« Les trains de nuit ont de l’avenir », dixit Elisabeth Borne

L’arrêt des trains de nuit en France avait notamment été expliqué par la baisse de fréquentation (-25 % entre 2011 et 2016). « La SNCF n’a pas été soutenue par l’Etat pour fidéliser la clientèle, faire de la publicité pour ces lignes. Et le matériel était vieillissant », explique Hervé Diebold, chargé du ferroviaire à l’Association des usagers des transports urbains de l’agglomération strasbourgeoise (Astus).

Le gouvernement a, depuis, changé. Et il y a quelques semaines, la ministre des Transports a annoncé que « les deux dernières lignes de train de nuit en France vont être maintenues et leurs voitures rénovées pour 30 millions d’euros ». Une « très bonne nouvelle », selon Nicolas Forien du collectif « Oui au train de nuit ». Qui ajoute : « On a atteint un point de basculement parce qu’on arrête de fermer des lignes et on garde celles qu’on a. Il y a une vraie fenêtre pour rouvrir des lignes avec ce changement de perspective et de discours. »

L’ouverture à la concurrence

Considérés comme des Trains d’équilibre du territoire (TET), les trains de nuit sont concernés par l’ouverture à la concurrence. « Avec l’appel d’offres, il est possible, et je l’espère, de voir un opérateur montrer qu’il y a un créneau », indique la sénatrice (Agir) Fabienne Keller, qui s’était mobilisée contre la fermeture des lignes à Strasbourg. Il y a un premier cas en France avec l’entreprise Thello qui relie Paris et Venise. L’élue note qu’il faudra que l’opérateur « investisse dans le matériel. Mais s’il exploite déjà des lignes ailleurs, c’est moins compliqué pour lui, il peut mutualiser ».

L’exemple autrichien et ses Nightjet

« Quand le gouvernement français supprimait des trains de nuit, il s’appuyait sur le modèle allemand qui les avait tous stoppés », raconte Nicolas Forien. Sauf qu’entre-temps la compagnie autrichienne ÖBB est passée par là et a repris le développement du réseau dans la plupart des pays voisins. Son offre, Nightjet, propose « des prestations très diversifiées allant du siège inclinable à une cabine avec point d’eau, décrit Hervé Diebold. Au bout d’un an, ils ont annoncé avoir atteint l’équilibre financier. » Une nouvelle ligne Vienne-Berlin ouvrira d’ailleurs en décembre. « L’Europe a changé, on attend maintenant la France », conclut Nicolas Forien.