VIDEO. Journées du patrimoine: Les bombes du street art entrent dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach

ART Un musée consacré au street art (le Mausa), le deuxième ouvert en France, accueille des artistes de renom dans la citadelle Vauban de Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis dix ans. Découverte…

Gilles Varela

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Oeuvre de Seth. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco Lancer le diaporama
Oeuvre de Seth. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco — G. Varela / 20 Minutes

Après avoir protégé la population des bombardements, la citadelle Vauban à Neuf-Brisach protège à présent des bombes de peintures et les œuvres d’artistes contemporains reconnus. Un site exceptionnel inscrit depuis dix ans au Patrimoine mondial de l’Unesco et qui accueille depuis peu le Musée des arts urbains et du street art (Mausa). Dans cette partie de la citadelle, qui abritait pendant la guerre un hôpital militaire allemand, près d’une quinzaine d’artistes habitués aux murs des villes européennes se sont appropriés les casemates misent à disposition par le musée. D’autres sont annoncés en résidence comme Cranio lors des Journées du patrimoine.

Oeuvre de Pure Evil. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco
Oeuvre de Pure Evil. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco - G. Varela / 20 Minutes

Street art et musée. Loin d’être antonymes, il s’agit plutôt d’une consécration, « d’une reconnaissance », assure Clémentine Lemaître, la directrice du musée. « C’est une histoire de mur », image l’artiste Jérôme Mesnager. Et des murs, ce n’est pas ce qui manque : plus de 1.200 mètres carrés sont proposés aux artistes pour l’instant, et la directrice n’exclut pas un jour de « pousser les murs » car elle ne veut pas surcharger le musée qui comprend 17 pièces et plus de deux kilomètres de galeries.

Ouvert depuis juillet, c’est le deuxième musée consacré au street art en France après Les Forges de Baudin dans le Jura, ouvert l’année dernière. « Il a fallu tout de même attendre 50 ans au street art pour qu’il y ait un musée », s’étonne encore Clémentine Lemaître.

Oeuvre de Denis Meyers. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco
Oeuvre de Denis Meyers. Musée des arts urbains et du street art (Mausa) dans la citadelle Vauban à Neuf-Brisach, inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco - G. Varela / 20 Minutes

Patrimoine et art urbain

Dans les différentes casemates, du graff, de la photo, du collage, des mises en perspective et parfois, des regards croisés d’artistes qui ont collaboré dans la même pièce. Mais toujours, le patrimoine de la citadelle conservé, sublimé. Fait du hasard, des dessins sur les murs laissés par des scouts en 1945 ont été retrouvés et conservés. Denis Meyers, Pure Evil, C215, Joseph Levalet, Seth, Nasti, Joseph Ford, Philippe Hérard, Guy Denning… Portrait de Vauban, fresque où s’étalent les portraits d’habitants de Neuf-Brisach, graffs inspirés de témoignages, thèmes universels, pop art, les galeries s’enchaînent et il reste toujours quelque chose à découvrir. D’ailleurs, « certaines personnes reviennent plusieurs fois », assure Clémentine Lemaître. Et d’autres artistes sont annoncés, car c’est un musée vivant, en perpétuel mouvement.

Dans une grande galerie, une rame taguée de métro parisien sera bientôt installée, avec des projections vidéo des artistes filmés lors de leur résidence. Et les idées de Clémentine Lemaître pour faire connaître au plus grand nombre cet art urbain ne manque pas et la jeune directrice espère un jour « mailler » tous les points de la région où le street art se développe. Avec ses musées dédiés et ses artistes, l’Alsace ne deviendrait-elle pas une terre de l’art urbain ?