Évacuation d'une ZAD près de Strasbourg: Les occupants partis, déjà le début travaux du GCO?

CHANTIER La ZAD de Kolbsheim (Bas-Rhin) a été évacuée en prévision de travaux du projet autoroutier de contournement de Strasbourg. Tandis que les gendarmes restent sur place, le point sur le programme…

Bruno Poussard

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Les gendarmes doivent rester sur le site de la ZAD de Kolbsheim pendant que les travaux préparatoires vont être engagés sur ce site, comme à Vendenheim.
Les gendarmes doivent rester sur le site de la ZAD de Kolbsheim pendant que les travaux préparatoires vont être engagés sur ce site, comme à Vendenheim. — G. Varela / 20 Minutes.
  • La ZAD de Kolbsheim (Bas-Rhin) a été évacuée ce lundi aux aurores, en prévision de travaux du projet autoroutier de contournement de Strasbourg.
  • Tandis que les forces de l'ordre restent sur place, les travaux préparatoires de déboisement doivent se dérouler ici avant le 15 octobre.

Plus de 500 gendarmes ont été mobilisés. Ce lundi aux aurores, la ZAD du Moulin, à Kolbsheim (Bas-Rhin), a été évacuée en vue du début du chantier autoroutier du Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO). De 150 à 300 opposants ont été chargés et des gaz lacrymogènes ont été utilisés. Mais les occupants ont tous quitté les lieux pacifiquement avant 10h.

Le temps que les quatre derniers d’entre eux descendent des arbres où ils étaient perchés, les premiers engins n’ont pas tardé à arriver. Pour démonter dès ce lundi les constructions et installations des zadistes (qui pourront récupérer leurs affaires laissées chez un déménageur), d’abord. Mais ensuite, que va-t-il se passer pour les travaux du GCO ?

Un déboisement annoncé avant des fouilles archéologiques

En charge de la concession du GCO avec la Sanef, Arcos, filiale du groupe Vinci, ne compte pas perdre de temps. La preuve, des géomètres ont pénétré sur le site de la ZAD du Moulin pour effectuer leurs mesures ce matin. C’est que le déboisement doit intervenir avant le 15 octobre, pour la protection des chauves-souris (avant leur période de reproduction et d’hivernage).

Les pelleteuses et autres tractopelles tout aussi rapidement arrivées doivent préparer cette importante étape des travaux préparatoires. Après la destruction des barricades à l’entrée de la ZAD, les engins sont utilisés pour le terrassement du chemin d’accès à la clairière et la forêt où le tracé de l’autoroute (et donc le périmètre du chantier calculé par les géomètres) est prévu.

Ces travaux préliminaires marquent la première étape du chantier. Comme le projet de nouveau contournement autoroutier de Strasbourg est de 24 km de long, ils ne sont pas limités au site de la ZAD au bord de la rivière de la Bruche. La forêt du Krittwald, à Vendenheim, est aussi concernée. Les déboisements ont débuté dès lundi. Ils sont préalables aux dernières fouilles archéologiques.

Deux recours en référé étudiés vendredi au tribunal administratif

Les forces de l’ordre en charge de l’opération d’évacuation vont donc rester mobilisées plusieurs jours voire semaines afin de permettre à ces travaux préparatoires d’être menés à bien.

S’ils ont pris un coup au moral avec l’évacuation, les zadistes et les autres opposants ne baissent pas les bras. Deux recours déposés en référé doivent justement être étudiés au tribunal administratif de Strasbourg ce vendredi. En attendant cette décision, les militants demandent un moratoire avant que les arbres ne soient tous coupés.

Dany Karcher, maire de Kolbsheim, est pessimiste : « Je n’ai pas la prétention d’arrêter la machine de l’Etat en route. J’ai vu la violence ce matin, je refuse d’entrer là-dedans. Mais j’essayerai toujours d’interpeller. » Nombre d’opposants n’ont pas attendu pour en discuter, d’autres actions non-violentes sont prévues. Michaël Kugler, occupant de la ZAD, complète :

« On n’arrêtera probablement pas le rouleau compresseur - le projet a reçu sept avis négatifs et ils continuent de passer en force - mais on continuera la lutte. Elle n’est pas limitée au GCO. On n’est pas opposés simplement à une autoroute, mais à une manière de faire. »

 

Une évacuation intervenue sans blessé ni interpellation

En septembre 2017, les travaux de déboisement avaient déjà failli être engagés. Après un blocage des opposants, le gouvernement avait temporisé en attendant des mesures de compensation environnementale. Avant d’autoriser les travaux en prolongeant la déclaration d'utilité publique du projet en début d'année. Et que le tribunal ne valide l'évacuation de la ZAD en juin.

Après la signature de deux arrêtés fin août et la manifestation tenue à Strasbourg ce samedi, l’intervention était attendue ces jours-ci. Au terme de celle-ci, le préfet Jean-Luc Marx s’est félicité de l’absence de blessés et d’interpellation : « L’opération menée avec rigueur. Il a été fait usage de la force avec beaucoup de mesure. »