Alsace: Contre le GCO, la ZAD se prépare à l'arrivée des bulldozers et des forces de l'ordre

ENVIRONNEMENT Sans stress mais déterminés, les occupants de la ZAD de Kolbsheim, opposés au Grand contournement ouest de Strasbourg (GCO), font le guet. Ils sont prêts à l’arrivée des bulldozers et des forces de l’ordre…

Gilles Varela

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La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018. Lancer le diaporama
La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Les opposants au Grand contournement ouest de Strasbourg à la ZAD de Kolbsheim (Alsace) craignent l’arrivée imminente des forces de l’ordre et de bulldozers, après la signature jeudi dernier de deux décrets par le préfet et qui autorisent le lancement des travaux.
  • Les zadistes ont des soutiens dans les villages voisins. En cas d’arrivée des forces de l’ordre, la pasteure du village de Kolbsheim fera sonner le tocsin de l’église et les habitants rappliqueront pour les soutenir.

Des rôdeurs, souvent vêtus de couleurs sombres, quadrillent la forêt du Moulin à Kolbsheim. Quelques barricades dérisoires permettent de filtrer les entrées de la ZAD. « Vous êtes qui ? Vous faites quoi ? » Un sourire et les portes s’ouvrent avec un « bienvenu ». Ils sont un peu moins d’une quinzaine, en résidence ou de passage, à se relayer pour maintenir la veille et s’opposer aux travaux préparatoires du Grand projet ouest de Strasbourg (GCO), une portion autoroutière longue de 24 kilomètres et qui fait polémique.

La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018.
La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Depuis la signature de deux arrêtés par le préfet de la Région Grand Est jeudi dernier, signature qui autorise le lancement des travaux de déboisement et de recherches archéologiques avant le lancement du chantier, les zadistes s’attendent à tout moment à être réveillés par les bulldozers et les forces de l’ordre, comme ce fut déjà le cas par le passé. Si des recours juridiques auprès du tribunal administratif par l’association Alsace nature pour retarder voir interrompre la procédure vont être déposés avant la fin de la semaine, soit avant la « grande manifestation » prévue samedi à Strasbourg, sur le terrain, on tend l’oreille…

Un appel à la mobilisation

L’ambiance est à la détente, « bon enfant » assurent les zadistes, mais les opposants restent très vigilants : attablés, l’un d’eux semble entendre un bruit de camion dans la forêt. Aussitôt, quatre zadistes disparaissent pour identifier ce bruit. « Nous nous relayons jour et nuit. Nous avons des contacts dans les villages voisins. En cas de problème, la pasteure du village de Kolbsheim fera sonner le tocsin de l’église et les habitants rappliqueront pour nous soutenir », assure Jean, 23 ans, qui est déjà passé par Notre-Dame-des-Landes et Bure.

La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018.
La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Même si la ZAD alsacienne a quelques airs de famille avec d’autres occupations de terrains en France, il y règne une ambiance de « camp de vacances ». « Samedi, des artistes connus sont venus jouer de la musique, il y avait des enfants, des familles, beaucoup de locaux », raconte, Gérard, 60 ans. Les pieds nus, il apprécie le calme de l’endroit. Cet Illkirchois est arrivé vendredi et vient très souvent, depuis longtemps. Il ne décolère pas : « Après sept avis négatifs, ils ne respectent pas les règles. Ils vont détruire des zones impossibles à compenser. La commission était composée essentiellement par des gens au service de l’Etat. C’est un déni de démocratie. » Aussi, il est allé lundi déposer « une main courante à l’encontre du préfet au commissariat de Strasbourg… Et engage tout le monde à faire de même. Il faut être dur, déterminé, mais pacifiquement », précise le sexagénaire. Sûrs d’une confrontation devenue inévitable, d’autres ne veulent pas se prononcer sur la réponse qui sera donnée « à la violence policière et ce sentiment d’injustice ».

La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018.
La ZAD de Kolbsheim, où sont rassemblés des opposants au GCO Le 4 septembre 2018. - G. Varela / 20 Minutes

De son côté, Jean et ses amis comptent sur la « grande mobilisation » de samedi à Strasbourg pour fédérer plus de personnes encore. En attendant, les rondes continuent car les forces de l’ordre sont attendues, très prochainement. « De toute façon, nous avons déjà gagné, lance à la volée un zadiste. Parce que nous sommes là ! »

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