Alsace: Pour la rentrée, deux enfants partiront avec leurs parents autour du monde en voilier

EDUCATION Au lieu de retrouver les salles de classe pour cette rentrée 2018, les jeunes Alsaciens Timothé et Luka Miscin, 11 et 14 ans, se préparent à partir autour du monde en voilier avec leurs parents...

Bruno Poussard

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La famille Miscin sur son grand voilier à quelques semaines du grand départ.
La famille Miscin sur son grand voilier à quelques semaines du grand départ. — Document remis / Famille Miscin.
  • A l'heure de la rentrée, des milliers d'enfants retrouvent leurs salles de classe et leurs copains en ce début septembre. Mais les Alsaciens Timothé et Luka Miscin, 11 et 14 ans, s'apprêtent à partir autour du monde en voilier en suivant des cours à distance.
  • Avec leurs parents, ils ont établi un planning avec trois heures de travail scolaire chaque matin. Le reste du temps, l'apprentissage se fera au gré des escales des Canaries à l’Islande via le Sénégal ou la côte nord américaine.

Pas de classe, pas d’appel ni de tableau. Cette année, Timothé, 11 ans, et Luka, 14 ans, ne se préparent pas à une rentrée comme les autres. Leurs cours de sixième et de troisième, ces deux jeunes alsaciens les suivront avec le Cned, le Centre national d’enseignement à distance. Sur l’eau, et de plus en plus loin au fil des mois à venir.

Avec leurs parents Aurore et Jean-Christophe Miscin (respectivement 43 et 47 ans), ils se préparent sérieusement à mettre les voiles autour du monde. Où d’autres apprentissages les attendent. Autour d’un autre mode de vie, d’autres cultures et d’autres peuples ou encore d’une vaste biodiversité en danger. Naturaliste en devenir, Timothé confie : « J’ai trop hâte, ça va être une grande aventure. J’adore la nature et les animaux. Puis on va découvrir plein d’endroits. Avec ma famille, c’est encore mieux ! »

Avec leurs parents Jean-Christophe et Aurore, Timothé (à gauche) et Luka (à droite) s'apprêtent à vivre une rentrée particulière cette année.
Avec leurs parents Jean-Christophe et Aurore, Timothé (à gauche) et Luka (à droite) s'apprêtent à vivre une rentrée particulière cette année. - Document remis / Famille Miscin.

Du travail scolaire en autonomie tous les matins

Un planning est toutefois établi : trois heures de travail scolaire chaque matin, à gérer par eux-mêmes. Mais l’école, ça ne va pas leur manquer ? Timothé sourit : « Je ne verrai plus mes anciens copains… Mais en même temps, les profs sont parfois énervants. » Comme son grand frère – plus solitaire –, il se réjouit plutôt de devoir apprendre en autonomie.

En octobre, la famille mettra le cap vers la Méditerranée, les Canaries, Madère, le Sénégal, le Cap Vert, le Brésil, la côte nord-américaine, l’Islande… « On veut montrer les ours blancs et les icebergs à nos enfants avant qu’il n’y en ait plus », glisse la maman. Ils iront doucement, s’arrêteront longtemps loin des autres touristes et ne navigueront pas tout le temps.

En attendant de prendre le large, les enfants aident à peaufiner le grand catamaran (un 16,50 m sur 8,50 m), acquis il y a déjà trois ans et aménagé des mains des parents à coups de nombreux allers-retours à Ouistreham (Calvados). Après avoir quitté boulots, amis et tout vendu en Alsace, les Bas-Rhinois ont déménagé à côté de Caen pour finir les travaux cet été.

Le moment ou jamais pour concrétiser un rêve de liberté

Un pas de plus vers l’aboutissement d’un vieux rêve de liberté. Ex-salarié de l’industrie pharmaceutique, le débrouillard Jean-Christophe Miscin avait dealé un grand départ, un jour, avant de se marier avec Aurore. Fille de baroudeurs et habituée des voyages, elle a accepté. A un peu plus de 40 ans, avec des enfants devenus ados, ils ont décidé de se lancer.

« C’était le moment ou jamais, parce qu’après les enfants allaient être trop grands », décrit le père, issu du monde ouvrier et bercé par l’émission Ushuaïa. Deux jours après, ils ont trouvé un bateau à acheter et terminer par eux-mêmes. Pour le volet marin, des stages de voiles ou des vacances sur un plus petit voilier avaient auparavant posé les fondations du projet.

Pour le concrétiser, il leur faut encore finir la peinture de la coque et l’aménagement intérieur puis installer l’électronique, mettre le bateau à l’eau, réceptionner le mât et les voiles, pour lesquelles ils ont d’ailleurs ouvert une campagne de financement participatif. Puis viendra l’heure, enfin, de prendre la mer et de former les enfants à la navigation.

Une nouvelle vie en autonomie mais pas en ermites

Leurs aventures, les Alsaciens ont prévu de les partager via leur page Facebook. Ainsi, Timothé compte bien rester en lien avec son meilleur copain. Leurs parents, eux, ont aussi envie de sensibiliser à l’état de la planète. « Et puis, on s’est nourri d’émissions qui font rêver, alors si maintenant on peut donner des idées à d’autres… », embraye Jean-Christophe Miscin.

« Parti de rien et devenu propriétaires d’un voilier », il espère prouver « qu’avec de la volonté, on peut atteindre ses rêves ». Par là, les Bas-Rhinois comptent aussi « vivre plus simplement » et « s’éloigner de la société de consommation ». Avec des panneaux photovoltaïques, un hydrogénérateur et une station de traitement d’eau, ils seront autonomes en énergie. Un moyen d’éviter les ports. Sans pour autant vivre en ermites.

Aurore et Jean-Christophe Miscin à Obernai (Bas-Rhin) un peu avant le départ d'Alsace pour la Normandie cet été.
Aurore et Jean-Christophe Miscin à Obernai (Bas-Rhin) un peu avant le départ d'Alsace pour la Normandie cet été. - B. Poussard / 20 Minutes.

D’ailleurs, la famille ne sait pas vraiment pour combien de temps elle part (même si des retours en France sont prévus). Probablement des années, si tout va bien… Mais elle se prépare à toute éventualité. En approchant de l’âge de la terminale, les enfants auront, eux, le choix de leur avenir. « Dans tous les cas, ils reviendront grandis », termine Aurore Miscin.