VIDEO. Strasbourg: Qui est le DJ qui scratche pour la France à Berlin aux Beat4Battle?

PERFORMANCE Un DJ strasbourgeois va représenter ce week-end la France aux Beat4Battle, un concours international de scratch à Berlin…

Gilles Varela

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Le DJ Saligo scratche à la Cigale, à Paris.
Le DJ Saligo scratche à la Cigale, à Paris. — Photo remise
  • Saligo, DJ strasbourgeois, va représenter la France à un concours international de scratch, samedi, à Berlin.
  • Le scratch n’est pas assez reconnu à sa juste valeur, estime-t-il, mais est indispensable à la culture hip-hop et au rap.

Des vinyles qui « grattent » et donnent la cadence, ça vous parle ? Le scratch, c’est cette technique made in USA qui remonte au tout début des années 1990, époque où régnait  Grandmaster Flash. Indissociable de la culture hip-hop et rap, elle rythme toujours les plus grands mix actuels. Ce week-end, à Berlin, un DJ strasbourgeois, Saligo – un pseudo à « prendre au second degré comme dans le monde du graff » et dont il s’est inspiré – va représenter la France aux Beat4Battle, un concours de scratch international.

« Le scratch c’est comme de la percussion, des mesures, des phases rythmiques, détaille Saligo. On utilise la manière de fonctionner d’une batterie. On déclenche des sons à des moments bien particuliers. Ce n’est pas reconnu comme un instrument, et c’est dommage. »

Techniquement, le scratch se pratique avec deux mains. Une sur le vinyle, avec des mouvements à des moments bien précis. L’autre main sur la table de mixage, reliée à un cross fader, ce qui permet d’activer ou de couper le son. « En fait on divise un son d’une manière musicale », simplifie Saligo. Et c’est quoi un bon scratcheur ? Cela dépend de la « capacité à enchaîner un certain nombre de techniques possibles et que ce soit rythmique et musical, image le DJ. Il faut gérer des temps, les mouvements. Un petit échauffement musculaire des poignets, des avant-bras, des doigts sont conseillés (rires). »

Le seul Français à Berlin

Et si le scratch n’est pas évident, cela s’apprend, comme le solfège. Il existe maintenant des cours de scratch, des partitions. « Cela peut s’apprendre à l’écrit, même si la majorité des scratcheurs font ça à l’oreille, en écoutant d’autres DJ, en échangeant. »

Savoir scratcher est une chose, mais pour ne pas perdre cette technique, il faut pratiquer : « Pour moi, au moins une heure par jour », explique le musicien qui scratche depuis presque neuf ans… Il faut également savoir ménager ses voisins, si vous ne voulez pas être contraints à déménager, paroles de Saligo.

Champion de France de scratch depuis deux mois, il sera le seul Français à Berlin, face à onze autres finalistes. DJ, producteur ou compositeur pour des rappeurs amis aussi batteur. Alors pourquoi un concours ? « C’est important, cela représente des opportunités de travail. C’est dommage, mais la société a besoin de titres, c’est plus facile ensuite avec les salles de concert, les bookers, les vendeurs », détaille le musicien.

La Beat4Battle, «Clash of the Titans» ce samedi, qui se déroulera dans un club berlinois, consiste en un face-à-face de plus d’une minute et demie, en deux rounds, jusqu’au dernier finaliste. « Une battle où il faut tout donner sans trop en faire, confie Saligo. Cela doit venir des tripes sur des musiques imposées, que l’on découvre sur le moment. » Et cela, espérons-le, ne devrait pas tourner à l’envers (pour une fois) ce week-end pour le Strasbourgeois…

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