Strasbourg: Grand contournement ouest, début imminent des travaux de l'autoroute?

TRANSPORT Le Conseil départemental de l’environnement et des risques technologiques (Coderst) du Bas-Rhin s’est dit favorable au lancement des travaux du projet du Grand contournement autoroutier de Strasbourg (GCO), les associations environnementales et opposants au projet s’organisent…

Gilles Varela

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Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018.
Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le Coderst s’est dit mardi favorable au lancement des travaux du projet de contournement autoroutier de Strasbourg (GCO).
  • Un projet contesté qui oppose depuis des années le collectif anti GCO qui appelle à la mobilisation pour empêcher le lancement des travaux.

Ils s’y attendaient, ils n’ont pas été déçus. Ils, ce sont les opposants au Grand contournement ouest (GCO). Une centaine d’entre eux s’était rassemblée mardi devant l’hôtel du préfet où se tenait une réunion du Comité départemental de l’environnement, des risques sanitaires et technologiques (Coderst). « Sans surprise », « couru d’avance » rappellent les opposants, celui-ci a validé les deux projets d’arrêtés en rendant un avis favorable des deux demandes d’autorisations des sociétés Sanef, en charge d’un échangeur et Arcos, filiale de Vinci. Cet avis consultatif autorise, une fois signé par le préfet, à engager des travaux en vue de la construction de la rocade longue de 24 km, à l’ouest de Strasbourg.

Le collectif anti GCO crie au dénie de démocratie, dénonce des mesures compensatoires pour l’environnement insuffisantes et  compte bien s’opposer, juridiquement et même physiquement, si nécessaire, au lancement des travaux. « On pourrait attaquer ces arrêtés au tribunal administratif et engager en même temps un référé suspension pour obtenir, si le tribunal nous donne suite, la suspension des travaux en attendant que ce soit jugé au fond, assure Maurice Wintz, vice-président d’Alsace Nature et l’un des animateurs du collectif anti GCO. Et on maintient nos actions sur le terrain car on considère, compte tenu de la manière dont ce dossier a été traité, qu’on est légitimes. On ne va rien lâcher. »

Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018.
Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018. - G. Varela / 20 Minutes

La mobilisation continue

« C’était la dernière instance consultée avant la signature des arrêtés d’autorisation de destruction de la nature et des 300 hectares de terres agricoles », a rappelé Daniel Reininger, président d’Alsace Nature au sortir de la réunion. Il craint également que la décision finale qui devrait être signée très prochainement par le préfet, ne soit en fait prise à Paris. « Mais les Alsaciens ont l’habitude que l’on ne prenne pas compte de ce qu’ils pensent. »

Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018.
Des opposants au GCO devant l'hôtel du préfet où se tenait la réunion du Coderst. Strasbourg le 28 aout 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Aussi, le collectif et les associations se préparent. Des rassemblements sont à l’ordre du jour, une « grande manifestation » se tiendra samedi. Huber Luc, maire de Pfettisheim, membre du collectif assurait mardi encore ne pas vouloir se laisser faire… « On va être sur le terrain. Le grand enjeu des prochains rassemblements, ça va être la reprise des déboisements à Kolbsheim et Vendenheim. » Endroit où une ZAD a pris place empêchant les travaux préparatoires qui ne sont toujours pas terminés. Et il y a urgence car ceux-ci ne sont autorisés qu’entre le 1er septembre et le 15 octobre en raison de présence d’espèces protégées… « Il faut être très nombreux et essayer de s’opposer physiquement à ces déboisements. C’est loin d’être perdu », prévient Huber Luc. En attendant des « veillées d’arbres » sont à l’ordre du jour et les deux parties, opposants et l’Etat, s’organisent en conséquence.