Strasbourg: Un nouvel outil pour mieux éviter les dérives d'Airbnb

TOURISME La ville de Strasbourg entend renforcer sa lutte contre les abus de la location de meublés touristiques...

Alexia Ighirri

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Strasbourg se dote d'un nouvel outil pour éviter les dérives d'Airbnb et autres loction de meublés touristiques (Illustration)
Strasbourg se dote d'un nouvel outil pour éviter les dérives d'Airbnb et autres loction de meublés touristiques (Illustration) — Reisefreiheit_eu / Pixabay
  • Strasbourg compte 4.704 offres sur Airbnb, soit 1.341 chambres et 3.363 logements entiers.
  • La municipalité strasbourgeoise compte s'appuyer sur un observatoire développé par un élu de Gironde pour mieux contrôler ces locations.
  • L’objectif : « Il faut moins un tourisme de masse et plus un tourisme de qualité, durable, avec des gens qui restent plus longtemps et qui dépensent localement. »

 

Pendant ces vacances d’été, vous êtes sans doute quelques-uns à avoir opté pour la location d’un Airbnb. A la veille des premiers départs, le sujet s’est invité à l’hôtel de ville de Strasbourg.

Jeudi en soirée, le Bordelais Matthieu Rouveyre, fondateur de l'Observatoire Airbnb - et par ailleurs élu conseiller départemental de la Gironde- est venu présenter sa plateforme, d’abord développée pour Bordeaux mais élargie depuis à l’échelle nationale.

Le refus que « Strasbourg devienne un parc d’attractions »

Un outil que va adopter la municipalité strasbourgeoise pour l’aider dans sa maîtrise de la location de meublés touristiques. « L’idée c’est de faire un point général, que ce soit Airbnb, Booking, Abritel ou encore Le bon coin », explique l’adjoint en charge du tourisme Paul Meyer, qui refuse que « Strasbourg devienne un parc d’attractions, où la cohabitation commence à mal se passer, comme ça peut être le cas à Barcelone, Berlin voire Bordeaux. Cet observatoire nous donne une vision objective des choses : nous nous battons pour avoir des informations des différents sites, mais c’est très difficile. Comme souvent avec le numérique, il y a beaucoup d’opacité. »

Ainsi, cette plateforme indique que, selon son dernier relevé (juin 2018), Strasbourg (débordant quelque peu sur les communes voisines de l’Eurométropole) comptait 4.704 offres sur Airbnb, ou plus précisément 1.341 chambres et 3.363 logements entiers.

Autant d’avantages que d’inconvénients visiblement. «Ça peut être un atout : il faut qu’on puisse trouver un complément l’activité hôtelière lors des pics touristiques. C’est une offre différente qui permet aussi d’attirer des touristes plus jeunes, poursuit Paul Meyer.
Mais il y a aussi des abus, avec des multipropriétaires qui achètent cinq, six, sept biens pour les louer et qui font de l’industrialisation d’Airbnb. Avec le risque aussi de créer une dérégulation totale des structures de tourisme.»

« Il faut moins un tourisme de masse et plus un tourisme de qualité, durable, avec des gens qui restent plus longtemps et qui dépensent localement. »

En clair, il faut pouvoir maîtriser ce phénomène pour qu’il reste utile. Vous pourriez nous dire que Strasbourg avait déjà pris des mesures pour cadrer l’offre des meublés touristiques. Et vous auriez raison de le faire, puisque leur location est effectivement déjà encadrée : par exemple, lorsque le logement est loué plus de 120 jours par an, l’activité devient alors commerciale et son propriétaire doit demander une autorisation de changement d’usage à la mairie. « Strasbourg a une réglementation très stricte qui nous a permis de contenir déjà la location, et a un dialogue constructif avec tous les acteurs », souligne l’adjoint.

Mais encore faut-il pouvoir totalement mettre en œuvre la réglementation. Paul Meyer indique qu’un seul agent sera embauché à la rentrée pour contrôler les locations de meublés touristiques. « Mais comment sait-on ce qu’on va contrôler ? Est-ce qu’on va vérifier une par une les offres ? », questionne celui qui annonce par ailleurs un travail avec des « hôtes Airbnb » pour la rédaction d’une charte de bonnes pratiques à Strasbourg.