Alsace: Un maire propose 1.000 abonnements de transports en commun, financés par des promoteurs immobiliers

TRANSPORTS Le maire de La Wantzenau (Bas-Rhin) propose une nouvelle idée pour financer des abonnements de transports en commun…

Gilles Varela

— 

TER en gare de Strasbourg. (illustration)
TER en gare de Strasbourg. (illustration) — G. VARELA /20 MINUTES
  • Le maire de La Wantzenau Patrick Depyl propose une nouvelle idée pour financer des abonnements TER et de la Compagnie des transports strasbourgeois, en sollicitant les promoteurs immobiliers qui ont des projets à proximité d’une station de transport collectif.
  • L’idée est d’inciter les futurs propriétaires à délaisser leur voiture au profit des transports en commun.

Les initiatives des élus de l’Eurométropole de Strasbourg se multiplient pour inciter les habitants de la première et deuxième couronne de l’agglomération à préférer l’utilisation des transports en commun à celle de leur voiture.

Récemment, plus de 200 nouveaux vélos électriques ont été injectés dans le réseau Velhop, des voies prioritaires pour les bus mises en place, les connexions tram TER sont renforcées, le réseau bus et son cadencement étoffés. Dans cette tornade d’initiatives, Patrick Depyl, le maire de La Wantzenau (à 20 km de Strasbourg), propose l’idée d’un nouveau financement des abonnements des transports en commun.

Un préfinancement

« Et si nous abordions le problème autrement ? », s’interroge l’élu. Il veut acheter 1.000 abonnements pour les transports en commun de certains de ses administrés… Sans mettre la main à la poche. Son idée : anticiper ce que sera la place de la voiture demain, « au lieu d’adapter les transports en commun à l’existant. »

Pour l’heure, environ 120 personnes utilisent chaque jour en semaine le train à la Wantzenau, expliquent le maire. Mais prochainement, 400 logements vont être construits près de la gare. « Cela peut rapidement faire 800 voitures supplémentaires », anticipe-t-il. Les promoteurs, plutôt que de construire des places de parking comme l’oblige la loi, seraient incités à prendre des abonnements pour les transports en commun à la place. Et passer ainsi de 1,65 aire de stationnement comme le prévoit le Plan local d’urbanisme (PLU) à 1,45. « Nous ne pourrons pas aller plus bas, rassure Patrick Depyl, il faut être réaliste. Mais nous pouvons déroger à la loi car ces logements seront à moins de 500 mètres de la gare ».

Il a déjà proposé son idée à la Région Grand Est… pour voir ce qu’elle est en mesure d’apporter en ce qui concerne la longueur des rames, la fréquence des passages. « Elle étudie le sujet avec attention parce que cela veut dire que c’est préfinancé, assure Patrick Depyl, tout comme les promoteurs qui seraient intéressés. » Mais pas d’engouement inutile, il s’agit pour l’instant « d’un principe, reste à voir encore les problèmes techniques, mais il est amené à se développer. »

Et le maire pense déjà aux autres communes qui connaissent la même problématique. « Certaines, sur le même axe ferroviaire, pourraient aussi acheter des places virtuellement et les faire payer à ceux qui construisent, car l’important c’est de ne pas avoir deux ou trois voitures par ménage. »