Alsace: Ses occupants au tribunal, bientôt l'évacuation de la Zad contre le projet autoroutier du GCO?

MOBILISATION Après une requête déposée auprès du juge des référés pour demander l’évacuation de la Zad de Kolbsheim (Bas-Rhin), dix opposants au Grand contournement Ouest de Strasbourg ont été convoqués au tribunal…

Bruno Poussard

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Près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg où étaient convoqués dix opposants de la Zad de Kolbsheim ce lundi.
Près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg où étaient convoqués dix opposants de la Zad de Kolbsheim ce lundi. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Le concessionnaire Arcos a déposé une requête auprès du juge des référés pour demander l'évacuation de la Zad de Kolbsheim (Bas-Rhin).
  • Puisqu'Arcos souhaite démarrer des travaux préparatoires sous peu sur site, dix occupants ont été convoqués au tribunal administratif.

« Libérez nos camarades ! » Un peu avant 14h ce lundi, ces slogans ont accompagné une dizaine de zadistes de Kolbsheim à l’entrée du tribunal administratif de Strasbourg. Par le biais d’un dossier de 200 pages reçu des mains des gendarmes, ces opposants au projet autoroutier controversé du GCO  y ont été convoqués cinq jours plus tôt.

Au-dessus des têtes de ces occupants de la Zone à défendre d’opposition au Grand contournement Ouest de Strasbourg, le ciel s’est assombri ces derniers jours. Après la prorogation de la déclaration d’utilité publique du chantier signée par le Premier ministre en janvier, la Zad alsacienne risque désormais d’être rapidement évacuée.

Pour lancer rapidement les travaux préparatoires

Par sa requête déposée auprès du juge des référés, le concessionnaire Arcos (filiale de Vinci) demande l’évacuation immédiate des lieux et l’enlèvement des installations afin de lancer des travaux préparatoires : fouilles, déboisements préalables (à mener entre le 1er septembre et le 15 octobre) et lierre à enlever deux mois plus tôt encore.

Progressivement installés à partir de l’été 2017 en pleine clairière grâce à un terrain mis à disposition par le propriétaire d’un château voisin et en moyenne une dizaine (à tourner) au quotidien, ces opposants à plein temps au projet autoroutier ont en fait vu, en début d’année, une procédure d’expropriation lancée sur les parcelles occupées.

Près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg ce lundi.
Près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg ce lundi. - B. Poussard / 20 Minutes.

Des sommes de 500 euros par heure aussi réclamées

Après un rassemblement de près d’une centaine de militants (soutenus par un élu EELV de la ville) équipés de banderoles « GCO, tous perdants, sauf Vinci » ou de drapeaux « GCO non merci ! » ce lundi, plus de 60 personnes ont pris place dans la salle d’audience du tribunal administratif de Strasbourg. Un tiers sont même restés debout.

L’avocat d’Arcos a mis en avant la volonté de « faire respecter la concession (…) dans les temps » pour justifier la nécessité de lancer les travaux ici et notamment les études du sol. La société a en outre réclamé auprès du juge des sommes de 500 euros par heure commencée pour chaque opposant qui conviendrait à une telle ordonnance.

Les opposants, eux, tentent de gagner du temps

Pour sa part, le défenseur du collectif « GCO non merci » a plaidé l’absence d’urgence et de nécessité d’une procédure en référé. « La requête est-elle dirigée envers tous les occupants ou tous les opposants ? », a-t-il aussi souligné à propos de sa recevabilité. L’instruction sera bouclée ce mardi midi. L’ordonnance est attendue mercredi. Me François Zind décrypte :

« Après une expropriation, il faut une décision de justice en vue d’une expulsion. Le juge du tribunal administratif doit décider s’il est compétent ou pas. S’il ne l’est pas, le concessionnaire devra se tourner vers le juge de l’expropriation. »

Les travaux étant prévus dès l’été, les opposants cherchent à gagner du temps. « Il ne s’agit pas juste de la défense de valeurs environnementales mais aussi de qualité de l’air qu’on ne va pas améliorer en créant des autoroutes », ajoute François Zind. L’avocat et les représentants d’Arcos au tribunal n’ont, eux, pas souhaité répondre aux questions.

Avec banderoles et drapeaux, près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg ce lundi.
Avec banderoles et drapeaux, près d'une centaine d'opposants au projet autoroutier de Grand contournement Ouest de Strasbourg (GCO) se sont rassemblés devant le tribunal administratif de Strasbourg ce lundi. - B. Poussard / 20 Minutes.

« Ils protègent l’argent, on protège la vie », attaque Yannick, 30 ans, occupant de la Zad. Pour lui, pas question de céder malgré la pression s’accentuant. « Rien n’est joué », assure Bruno, opposant historique. Une assemblée est prévue ce lundi soir sur la Zad pour discuter de la suite. D’autres procédures judiciaires sont en tout cas prévues.

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