Alsace: A quoi pourrait ressembler la nouvelle collectivité

REFORME TERRITORIALE Les présidents des exécutifs bas-rhinois et haut-rhinois ont présenté mardi leur projet d'« eurocollectivité »...

Alexia Ighirri

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Alsace: Une consultation pour donner la parole aux citoyens sur l’avenir de la collectivité
Alsace: Une consultation pour donner la parole aux citoyens sur l’avenir de la collectivité — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Début avril, les présidents du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, Brigitte Klinkert et Frédéric Bierry, lançaient une consultation citoyenne sur leur projet de nouvelle collectivité d’Alsace, qu’ils voient comme « le laboratoire et le territoire pilote de l’ambition européenne de la France ».
  • Mardi, ils présentaient les contours de cette « eurocollectivité » et l’analyse de plus de 13.000 contributions d'Alsaciens.
  • Multilinguisme, mobilité, mais pas de sortie de la région Grand Est... Voici quelques-unes des grandes lignes de ce projet, remis mardi au préfet pour sa mission menée en parallèle sur l’avenir institutionnel de l’Alsace.

Début avril, les présidents du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, Brigitte Klinkert et Frédéric Bierry, lançaient une consultation citoyenne sur leur projet de nouvelle collectivité d’Alsace, qu’ils voient comme « le laboratoire et le territoire pilote de l’ambition européenne de la France ».

Mardi, ils présentaient les contours de l’ « eurocollectivité » et l’analyse de plus de 13.000 contributions d’Alsaciens. Avec de « forts retours sur le transfrontalier », l’emploi et l’énergie : « Je crois que les débats sur l’après-Fessenheim ont contribué à cela », estime Brigitte Klinkert. Quelles sont les grandes lignes de ce projet, remis mardi au préfet pour sa mission menée en parallèle sur l’avenir institutionnel de l’Alsace?

Multilinguisme et mobilité 

Dans cet esprit tranfrontalier, ce projet a, entre autres, retenu comme axes principaux le renforcement du bilinguisme dans l’enseignement, la création de zones d’activités franco-allemandes avec convergence fiscale, l’amélioration des mobilités dans l’espace rhénan avec le raccordement ferroviaire de Strasbourg à l’aéroport de Bâle-Mulhouse ou la ligne Colmar-Fribourg.

Dans le Grand Est

C’est l’une des questions qui animent le plus les débats. Mais, concession des deux présidents départementaux, il n’y aura pas de sortie du Grand Est, car « on sait qu’on ne l’obtiendra pas ».

Compétences  et collectivité à statut particulier

Cette collectivité nécessitera un nouveau partage de compétences avec l’Etat et le conseil régional du Grand Est. Sans quelques « sacrifices » : « On n’a pas demandé toutes les compétences économique et touristique que l’on souhaitait au départ à la région », précise Brigitte Klinkert. Voilà pour le contenu. Quant au contenant, les présidents ne transigeront pas sur la création par la loi d’une collectivité locale à statut particulier, comme le Grand Paris ou la Corse. Pas de création d’un département Alsace, pas de fusion du Haut-Rhin et du Bas-Rhin (les préfectures sont maintenues), mais un seul organe délibérant avec des élus haut-rhinois et bas-rhinois. Où siègeront-ils ? Les présidents bottent en touche, signifiant que ce n’est pas la question du moment.

L’idée du référendum pas écartée

Quelque 13.000 personnes sur le 1,8 million d'Alsaciens... Pourquoi ne pas faire de référendum auprès de toute la population alsacienne ? « On a préféré laisser la liberté aux Alsaciens de s’exprimer, répond Frédéric Bierry. C’est un acte plus fort. Nous n’écartons pas l’idée, on verra comment les choses évoluent. Mais on l’a vu au dernier référendum (sur la collectivité unique en 2013), poser une question sur une institution est difficile car technique ». Et Brigitte Klinkert d’ajouter : « On a vu que les électeurs ne répondent pas à la question posée ».

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