Quand le hip-hop se la joue collectif

Philippe Wendling - ©2008 20 minutes

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A l'or qui fait « bling bling », ils préfèrent les platines. Depuis cinq ans, onze DJ strasbourgeois fédèrent leurs forces pour hisser le hip-hop au rang de culture à part entière. Leur nom de scène : le Turntableast DJ Crew. Ils se produisent ce soir au Kor-rigan, 20, rue du Vieux-marché-aux-grains, à partir de 22 h. « Notre association est déposée, mais nous sommes surtout un crew, c'est-à-dire une bande de potes, explique Nelson, triple champion de France de deejaying. Notre ambition est de faire avancer le hip-hop à Strasbourg, où les mentalités ont dix ans de retard. »

En cause notamment, l'amalgame entre le rap et les voitures brûlées dans les quartiers de la ville à la Saint-Sylvestre. « Certes, le hip-hop est né dans le ghetto, mais il en est sorti depuis, estime DJ Swa. Aujourd'hui, tout le monde en écoute. » Pour autant, les tenanciers de salles de concert et de discothèques de la région semblent encore souvent réticents pour les engager. « Bien qu'artistes avant tout, nous sommes des organisateurs de soirées malgré nous, précise Nelson. Ici, il faut que tu fasses les choses toi-même. Les meilleurs plans sont à l'extérieur. » Plusieurs membres du crew ont déjà animé des soirées en Espagne, au Maroc ou encore au Qatar. « Même en Slovaquie, on a été mieux reçu que dans notre propre ville », déplore T-Killa. Qu'importe, ils ne font pas ça pour l'argent, mais par amour du hip-hop et pour drainer dans leurs sillons de nouveaux musiciens.