Strasbourg: Comment la ville va faire pour ne plus recevoir des cirques avec des animaux sauvages?

TRANSPORTS Après l’adoption lors du conseil municipal de lundi d’un vœu pour refuser les spectacles de cirques avec des animaux sauvages sur son territoire, quelles pistes sont étudiées pour le concrétiser…

Gilles Varela

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Manifestation contre les animaux sauvages dans les cirques. Strasbourg le 12 avril 2018.
Manifestation contre les animaux sauvages dans les cirques. Strasbourg le 12 avril 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Lors d’un vœu adopté en conseil municipal lundi, la ville s’est exprimée en faveur de l’interdiction des cirques avec des spectacles d’animaux sauvages.
  • Les refus d’installation se frottent à des problèmes juridiques, mais à part quelques cirques pour qui les autorisations ont déjà été accordées, ceux qui présentent des animaux sauvages ne seront plus autorisés à s’installer dans la ville.

Il ne fait plus vraiment bon vivre à Strasbourg quand on est un cirque présentant des animaux sauvages. Ces derniers ne sont plus vraiment les bienvenus, après l’adoption lors du conseil municipal de lundi, du vœu d’interdire les spectacles avec des animaux sauvages dans la ville. Hasard du calendrier, le cirque Zavatta, qui se prépare à présenter son spectacle dès ce samedi près à Cronenbourg, a maille à partir avec la ville.

En effet, une interdiction plane sur lui, la ville reprochant une occupation illégale du domaine public. Un référé devant le tribunal de grande instance pourrait d’ailleurs contraindre le cirque de quitter les lieux. Si cette affaire n’a rien à voir avec le vœu d’interdire les spectacles avec des animaux sauvages, elle témoigne néanmoins d’un véritable changement dans la politique d’accueil des cirques à Strasbourg.

Comment « exaucer » ce vœu ?

Les difficultés sont à présent juridiques. Des autorisations ont été cependant données pour d’autres cirques comme Arlette Gruss en mai et juin, car l’autorisation a été donnée avant l’adoption du vœu. « On ne va pas agir de façon rétroactive, mais cela ne veut pas dire non plus qu’en 2019, ils auront toujours l’autorisation, assure Eric Schultz, adjoint au maire et à l’origine du vœu. Mais à l’avenir nous serons beaucoup plus exigeants, et beaucoup plus fermes que nous l’avons été jusqu’à présent ».

D’ailleurs un courrier va être envoyé à l’ensemble des maires des communes de l’Eurométropole qui accueillent des cirques, pour les inciter à suivre cette voie ouverte par Illkirch-Graffenstaden, ville qui interdit les cirques avec animaux sauvages depuis 2006.

La ville pourrait s’appuyer sur le fait qu’il est obligatoire pour ceux qui détiennent des animaux sauvages de prouver et d’assurer qu’ils respectent les besoins physiologiques des animaux. C’est le cadre de la loi. L’espace souhaité dans la ville n’étant pas adapté à l’activité de cirque avec des animaux sauvages, notamment aux normes imposées par l’Etat, pourrait permettre de refuser son installation, sous réserve que cette décision soit motivée.

Insuffisant pourtant, car les procédures sont souvent longues et lourdes : « Le vœu est une déclaration d’intention. On appelle le législateur à renforcer la loi comme c’est le cas dans 22 pays européens, souligne Eric Schultz. Mais tant que la législation n’a pas évolué, on est obligé de se référer à d’autres textes juridiques que ceux ayant trait au bien-être animal… Et sur lequel la France est en retard. » La bataille juridique est engagée.