VIDEO. Strasbourg: Blocage, examens reportés... 60 étudiants bloquent le campus

UNIVERSITE Le blocage d’un bâtiment principal de l’université de Strasbourg, Le Patio, a été reconduit après un vote de 300 étudiants sur les 16.000 que compte le campus du centre-ville, signe de la faible mobilisation…

Gilles Varela

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Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018. Lancer le diaporama
Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Une soixantaine d’étudiants a bloqué l’accès du bâtiment emblématique de l’université de Strasbourg, le Patio, où les cours et les partiels devaient se tenir…
  • Le blocage a été reconduit lors d’un vote en assemblée générale et l’université confirme que des solutions pour rattraper les partiels sont à l’étude.

[Edit: Contrairement à ce que nous indiquions, les étudiants n'ont pas procédé au vote pour les demandes de notations à 10, voire à 15 pour tous.]

Si certains rêvent « d’un Tolbiac », « d’un Nanterre » et de convergence des luttes sociales, la situation à l’université de Strasbourg reste calme, quasi bon enfant. Le mouvement de contestation étudiant s’est cependant durci ce lundi matin. Une soixantaine d’étudiants ont bloqué tous les accès à l’un des bâtiments qui devait accueillir des examens.

Poubelles, grillages et tables devant tous les points d’entrée, le cours et les examens (pour plus de 600 partiels), ont dû être reportés. Et cela devrait continuer car le blocage a été reconduit pour la journée de mardi lors d’une assemblée générale qui a réuni en milieu de matinée un peu plus de 300 personnes, sur les 16.000 étudiants que compte le site du campus en centre-ville.

La reconduction du blocage voté en AG

Une AG en plein air où les votants s’assoient gentiment par terre, devant le bâtiment. « De mémoire, on n’a rarement vu une AG où l’on se fait autant chier », marmonne un étudiant. Et il est vrai que le calme qui règne est presque studieux, discipliné, bon enfant. Nombreux sont ceux, qui lors des prises de paroles, semblaient découvrir l’usage du mégaphone.

Tous ont exprimé leur désaccord avec « la répression policière dont ils ont été victimes précédemment au palais universitaire », de « la non-discussion avec la présidence de l’université » mais aussi, et surtout «les dangers» la loi ORE, relative à une sélection à l’entrée à l’université. Certains ont insisté, en vrac, sur les augmentations des frais d’inscription, de formations « cheap » et les « formations d’élite », la fin des rattrapages…

Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018.
Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018. - G. Varela / 20 Minutes

D'autres espèrent également l’annulation des examens pour les filières concernées par le mouvement et une note de 10 pour tous, pour ne pas pénaliser les étudiants, et «pourquoi pas 15», plaisantent d'autres…

Pour l’instant, le bâtiment du Patio et le nouveau Patio, restent vides, il n’y a pas d’occupation. « Ça se passe tranquille ici, trop tranquille », regrette un étudiant bloqueur. « Ça serait bien que ça bouge un peu, je m’étais équipé pour la circonstance », ajoute le jeune homme, tout de noir vêtu et visage caché sous un foulard.

Suite au vote de la reconduction du blocage, l'université a annulé les cours et les examens qui devaient se tenir dans le Patio ce lundi, mais aussi mardi et cherche à relocaliser les examens prévus « dans la mesure du possible ».

Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018.
Blocage à l'université de Strasbourg. Le 9 avril 2018. - G. Varela / 20 Minutes

« Ce blocage est une belle occasion de discuter, de rencontrer les étudiants affirme de son côté Gabriel, dans le mouvement strasbourgeois depuis la première heure. D’habitude, quand on tracte, c’est difficile de discuter car ils sont pressés d’aller en cours. » « Cette façon de militer n’est pas une bonne chose. C’est bien que les jeunes s’intéressent à la politique, mais bloquer, non » rétorque Francois, du mouvement Contre le blocage.

« Un mouvement trop lisse »

Des avis bien loin de celui d’une étudiante, restée anonyme, qui lors de l’AG a tenu à rappeler « qu’à force de dire que ce mouvement est pacifique, il en était devenu trop lisse et que le blocage allait finir par disparaître », avant de conclure sous les applaudissements, « qu’il fallait tout de même avoir des actions marquantes pour se faire entendre. »