Alsace: Une consultation pour donner la parole aux citoyens sur l’avenir de la collectivité

REFORME TERRITORIALE Une campagne citoyenne de communication et d’information liée au projet de nouvelle collectivité pour l’Alsace a été lancée mardi…

Alexia Ighirri

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Alsace: Une consultation pour donner la parole aux citoyens sur l’avenir de la collectivité
Alsace: Une consultation pour donner la parole aux citoyens sur l’avenir de la collectivité — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Les conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin portent un projet de nouvelle collectivité territoriale pour l'Alsace, proposant la réunion des deux départements contre plus de compétences.
  • Ils invitent les Alsaciens à donner leur avis et à déposer leurs propositions au cours d'une campagne d'expression citoyenne, lancée mardi.

Ils sont déjà plusieurs dizaines à s’être exprimés : « Siège de la nouvelle collectivité à Strasbourg, disparition des deux anciens départements au profit de cette nouvelle collectivité, diminution du nombre d’élus » pour l’un, « favoriser l’apprentissage pour nos jeunes en lien avec les entreprises locales, grandes ou petites, comme cela se passe chez nos voisins outre-Rhin » pour l’autre.

Voici deux des témoignages mis en ligne par des internautes alsaciens dans le cadre de la campagne d'expression citoyenne sur le projet de nouvelle collectivité territoriale d’Alsace lancée mardi.

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Forts d’un sondage indiquant que 83% des Alsaciens sondés demandent une nouvelle collectivité alsacienne, les présidents des conseils départementaux du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, porteurs d’un projet de nouvelle collectivité territoriale d’Alsace (par la réunion des deux départements au sein de la région Grand Est), ont donc donné le coup d’envoi d’une campagne de communication et d’information citoyenne.

Par courrier ou par commentaire Facebook

Le but ? Permettre à chacun de donner son avis sur ce projet de collectivité alsacienne et de faire des propositions afin de l’enrichir. « Notre démarche n’est pas un référendum, ce n’est pas une consultation comme la loi peut le permettre aujourd’hui. Ça n’avait pas de sens de faire voter à ce stade sur un projet qui n’est pas finalisé », estime Brigitte Klinkert, présidente du Haut-Rhin.

« Nous avons besoin des propositions formulées par les Alsaciens. C’est un projet exemplaire par sa dimension participative et sa légitimité démocratique. »

Alors que le préfet de région mène actuellement, sur demande du Premier ministre, une mission sur l’avenir institutionnel de l’Alsace avec parlementaires, départements, communes d’Alsace et région, les Alsaciens sont invités par les conseils départementaux à se prononcer par courrier, sur le site Internet dédié ou par un commentaire sur les pages Facebook du Haut-Rhin ou du Bas-Rhin.

Création d’un site Internet, diffusion à un million d’exemplaires d’un document d’information, publicité… Cette campagne a coûté 120.000 euros, pris en charge à 60 % par le Bas-Rhin et à 40 % par le Haut-Rhin, soit « 6 centimes d’euros par Alsacien », a tenu à chiffrer Brigitte Klinkert.

Tous les avis ne vont pas forcément dans le sens du projet actuellement porté par les deux départements. « La régionalisation est actée depuis 3 ans et demi maintenant. Inutile de vouloir encore modifier les règles du jeu ! », écrit d’ailleurs un internaute.

L’espace rhénan, c’est non-négociable

Et parmi les soutiens, toutes les propositions ne seront pas retenues : « Sur Facebook, quelqu’un a dit qu’il était pour le projet mais pas pour le volet sur l’espace rhénan. Il se place donc en dehors de notre démarche », raconte Brigitte Klinkert.

Parce que la dimension rhénane est, pour les élus, non-négociable : « C’est notre ADN », son homologue bas-rhinois Frédéric Bierry. Duquel découlent des compétences dont les transferts depuis l’Etat ou la région sont en discussion, à l’instar de l’économie, du tourisme, des routes, etc.

Les idées retenues seront, elles, examinées par des comités de pilotage. Mais il faudra faire assez vite : Frédéric Bierry croit savoir que le préfet « rendra sa proposition au tout début de l’été. Les 100 jours à venir vont être décisifs dans ce débat ».