Strasbourg: Deux associations en charge de 100 nouvelles places d’hébergement pour les plus fragiles

SOCIETE A la suite de l’appel à la « mobilisation globale » lancée par le maire Roland Ries en décembre dernier pour l’hébergement d’urgence, deux associations ont à présent en charge 100 places et l’accompagnement des bénéficiaires…

Gilles Varela

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Un SDF dans un hébergement d'urgence mis en place par la ville dans la résidence Buchner, à Strasbourg.

Un SDF dans un hébergement d'urgence mis en place par la ville dans la résidence Buchner, à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes

  • Le maire de Strasbourg avait lancé un appel à la mobilisation globale en faveur de l’hébergement d’urgence.
  • Caritas Alsace et Accueil sans frontières 67 ont été choisies à la suite de l’appel d’offres auprès des associations pour gérer les 100 premières places qui seront disponibles dans quelques jours.

Effrayant constat. Malgré les places d’hébergement d’urgence supplémentaires qui ont été créées, les gymnases réquisitionnés, 500 personnes appellent en moyenne chaque jour le numéro d’urgence 115 quand la moyenne s’établissait à 300 l’année dernière encore. Un nombre d’autant plus inquiétant que beaucoup ne composent pas (ou plus) ce numéro…

Mobilisation générale

Le maire de Strasbourg, Roland Ries, avait lancé à la mi-décembre dernier une mobilisation globale « au-delà des responsabilités des uns et des autres, » pour faire face à cette situation et avait demandé la création dans un premier temps de 100 places d’hébergement avec à terme un objectif de 500 places dans les trois années à venir, pour migrants ou non, que les personnes soient en situation régulière ou pas, « mais avant tout pour les personnes à la rue, vulnérables et fragiles ». La collectivité avait pour cela lancé un appel à projets le 22 janvier dernier auprès des associations, avec une enveloppe de 500.000 euros, pour « agir vite et très concrètement ».

« Les dispositifs sont submergés, ils ne suffiront plus, il y a un problème d’échelle » s’alarme Syamak Agha Babaei, vice-président de l’Eurométropole en charge du développement et de la gestion du dispositif d’hébergement d’urgence. « Le droit migratoire n’arrange rien. Le droit d’asile fabrique des déboutés. Les gens sont là, et restent, pour un avenir meilleur, pour leurs enfants. Ce que l’on peut faire nous, c’est leur donner un toit. »

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« Le phénomène des migrations n’est pas derrière nous il est aujourd’hui et demain, et il ne s’éteindra pas, quoi qu’en disent certains, en construisant des murs, en rétablissement des frontières… Il faut s’y préparer, être solidaire », a souligné Roland Ries.

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Deux associations sélectionnées

C’est aujourd’hui une première chose faite avec l’annonce des deux « opérateurs » qui ont été retenus pour les 100 premières places qui seront disponibles dès la semaine prochaine. Il s’agit des associations Caritas Alsace et Accueil sans frontières 67. Elles proposent respectivement 70 et 30 places, soit environ 30 à 35 appartements, en gestion associative. Ces hébergements sont pour l’instant, issus du locatif privé et dispersés un peu partout sur le territoire. Ils seront pérennes et confiés aux associations qui assureront le suivi, l’accompagnement des personnes, sur le plan administratif, social, voire avec des cours de langues, pour aller, si possible, vers l’autonomie…

Les bénéficiaires seront choisis, via le filtre du 115 et d’un comité, comprenant les associations, la collectivité. « Ces logements sont à l’intention des personnes vulnérables, à la rue, fragiles », insiste le maire.

Pour Darejan, qui dit être Géorgien et dort depuis plusieurs années dans la rue, ces nouveaux logements ne changeront rien pour lui. « Je suis seul, et on aide que les familles. Je n’ai pas de papier, ils ont refusé. Alors je me débrouille tout seul, les gens m’apportent des couvertures. »

« Toutes les pistes sont envisagées pour créer des hébergements, précise Syamak Agha Babaei. Nous mobilisons les partenaires privés, les bailleurs, les citoyens qui déjà, s’organisent. Certains hébergent des personnes chez eux, en se relayant. Mais c’est vrai que nous comptons particulièrement sur le locatif privé. C’est gagnant pour tout le monde, les propriétaires ont la garantie d’un loyer via l’association, tout le monde y gagne. »

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D’ici à l’été, des groupes de travail vont être mis en place afin de définir une stratégie commune, de créer un réseau entre les grandes villes, de lancer une réflexion sur la place des collectivités.