Strasbourg: Le conseil municipal vote une motion contre le local identitaire, et donc?

SOCIETE Lundi en fin de journée, le conseil municipal de Strasbourg a adopté à l’unanimité une motion concernant L’Arcadia, ouvert en décembre par Bastion social…

Alexia Ighirri

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Strasbourg: Le conseil municipal vote une motion contre le local identitaire et ensuite?
Le local bar  Arcadia. Bastion social. Strasbourg le 23 janvier 2018.
Strasbourg: Le conseil municipal vote une motion contre le local identitaire et ensuite? Le local bar Arcadia. Bastion social. Strasbourg le 23 janvier 2018. — G. Varela / 20 Minutes

Il y a eu les manifestations et contre-rassemblements, et puis le débat dans l’hémicycle. L’ouverture du local identitaire L’Arcadia à Strasbourg, par le Bastion social regroupant des militants de l’extrême droite radicale, en partie issus du Groupe union défense (Gud), continue de faire parler d’elle.

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Lundi en soirée, le conseil municipal strasbourgeois a adopté à l’unanimité (sauf les voix des élus du Rassemblement Bleu Marine, absents au moment du vote) une motion contre la présence de L’Arcadia sur son territoire. Il fait appel à la préfecture et au gouvernement :

« Tant au titre de la sécurité publique que pour la préservation des valeurs républicaines, afin que le quartier comme la ville retrouvent leur sérénité, le conseil municipal demande unanimement au préfet la fermeture d' "Arcadia" et au gouvernement que le mouvement Bastion social soit dissout »

 

La motion adoptée ok, mais concrètement ça change quoi ?

« Un poids, une unité politique »

Le vote n’oblige en rien la fermeture du local, le conseil n’en ayant pas l’autorité. Alors à quoi cela sert ? « Ça montre l’unité politique du conseil municipal, notamment vis-à-vis de la préfecture à qui on demande la fermeture du local. Cela donne du poids », répond Fabienne Keller, conseillère municipale Agir-La droite constructive) à l’origine de la demande de motion.

« J’ai pris connaissance de la position du maire et me suis dit qu’il fallait que tous les élus républicains se fédèrent pour montrer ensemble le refus de voir s’installer un lieu identitaire. Et dans un souci de cohérence, la dissolution de la structure qui porte le projet et qui met chaque ville en difficulté. Parce qu’elle a compris comment il fallait faire pour s’installer. »

Le Bastion social est né en fait à Lyon, où fin mai, il a ouvert un squat destiné à « offrir un logement aux Français précarisés », et donc triés selon leur nationalité. Expulsé mi-juin par les autorités, le mouvement tente de grandir en France.

A Strasbourg, la préfecture n’avait pour le moment aucun élément permettant de justifier la fermeture de L’Arcadia . «Il y a eu des affaires de violence depuis », rétorque celle qui est également sénatrice.

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Et puis une mobilisation d’opposants au local identitaire. Avec notamment des centaines de personnes défilant dans les rues de Strasbourg pour demander sa fermeture.

Le collectif « Fermons l’Arcadia, local fasciste à Strasbourg » envisage de nouvelles mobilisations tant que le local sera ouvert. Si des élus étaient dans les précédents cortèges, Fabienne Keller ne battra pas forcément le pavé : « J’agis à la place qui est la mienne, celle de poser un acte politique. Je partage les convictions de ces manifestants, sur la fermeture de L’Arcadia. Cette mobilisation participe à la prise de conscience et a participé à la mienne. » Et espère qu’elle participera à celle de la préfecture et du gouvernement.