Strasbourg: Le port autonome se mouille pour l'écologie et c'est bon pour ses relations

ECONOMIE Alors que le port autonome de Strasbourg et les ports de Paris Seine Normandie viennent de signer un accord de coopération pour le fret français, l’expertise des Strasbourgeois en matière d’écologie apparaît comme un atout dans ce nouveau partenariat…

Gilles Varela

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	Le port autonome de Strasbourg. Le 11 janvier 2018.
Le port autonome de Strasbourg. Le 11 janvier 2018. — G. Varela / 20 Minutes
  • Le port de Strasbourg et les ports de Paris, du Havre et de Rouen ont signé un partenariat, un engagement en faveur de l’exportation et de développement des modes doux.
  • L’expertise de Strasbourg en matière d'écologie est une valeur ajoutée apportée dans ce partenariat.

« Les ports sont propres et de plus en plus écologiques. » C’est en ces termes que la présidente du Port autonome de Strasbourg (PAS), Catherine Trautmann, a souligné un des atouts du site strasbourgeois. Une valeur ajoutée bien venue dans le tout nouveau partenariat sur le fret signé entre le PAS, et les ports de Paris Seine Normandie (HAROPA). Les deux acteurs majeurs de l’économie portuaire française unissent en effet leurs forces pour être plus compétitifs, non seulement au plan national mais aussi européen, notamment face au géant ARA qui regroupe les puissants ports d’Amsterdam, de Rotterdam et de Antwerp. Sans oublier pour autant d’être « propres. »

Signature d'un partenariat entre le PAS et HAROPA. Strasbourg le 11 janvier 2018.
Signature d'un partenariat entre le PAS et HAROPA. Strasbourg le 11 janvier 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Pour cela, les ports français comptent bien développer les coopérations interportuaires mais aussi et surtout s’appuyer sur le ferroviaire. Le renforcement de ce dernier (notamment le raccourcissement des délais de transit) devrait permettre aux ports maritimes de faciliter l’exportation des marchandises des entreprises rhénanes et pour Haropa d’étendre son hinterland (zone d’influence et d’attraction économique d’un port) européen vers l’Est via Strasbourg. Un moyen également de favoriser le développement des modes de transports doux.

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Et cela tombe bien car Strasbourg, avec plus de 8 millions de tonnes de marchandises de trafic annuel, « a aujourd’hui l’expérience la plus avancée au niveau national, notamment grâce au projet de Coopérations locales et environnementales en synergies (CLES) », souligne Catherine Trautmann. Cette démarche qui vise à créer des synergies entre les entreprises de la zone portuaire de Strasbourg a été lancée il y a trois ans. Elle donne la priorité à « la coopération en matière d’écologie industrielle, sur la réduction des émissions, les coopérations en matières énergétiques, la possibilité de créer des filières de traitement des déchets, la possibilité d’avoir des services communs au niveau des ports », se félicite Catherine Trautmann.

Catherine Trautmann, présidente du port autonome de Strasbourg. Le 11 janvier 2018.
Catherine Trautmann, présidente du port autonome de Strasbourg. Le 11 janvier 2018. - G. Varela / 20 Minutes

Autre question sur laquelle le PAS pourrait bien amener son expertise : la question du dernier kilomètre. « C’est à la fois une question qui est dans nos préoccupations portuaires, sur le plan local, mais c’est aussi une préoccupation portée au niveau national, au ministère des Transports. Il ne faut pas perdre de temps, surtout dans le dernier kilomètre. C’est pour nous la performance de l’intermodalité, sans cela on a un inconvénient à la fois structurel et concurrentiel et il faut donc que les ports français se mobilisent avec le soutien des opérateurs ferroviaires en particulier, routiers, les transporteurs, les chargeurs, qui sont demandeurs mais aussi contributeurs. »

Concrètement, une vingtaine d’entreprises de la zone portuaire de Strasbourg est impliquée. Les synergies mises en œuvre ont apporté près de 300.000 euros de gains économique pour les entreprises et les gains environnementaux sont importants. Par exemple plus de 3.500 tonnes de déchets papiers et cartons ont été valorisées, 41.000 litres d’eau par an sont économisés grâce la mutualisation des stations de lavage et services. Et ce n’est qu’un début, des mutualisations énergétiques devraient concerner les treize industriels les plus consommateurs du secteur…