Strasbourg: Comment les Maisons des adolescents luttent contre la radicalisation des plus jeunes

RADICALISATION Les Maisons des adolescents du Grand Est luttent contre la radicalisation des plus jeunes, sans oublier pour autant les contraintes sécuritaires…    

Gilles Varela

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Maison des adolescents à Strasbourg.
Maison des adolescents à Strasbourg. — G. Varela / 20 Minutes
  • Formation des professionnels de santé et prévention, les Maisons des adolescents du Grand Est lutte contre la radicalisation des plus jeunes.
  • Une expérimentation sur trois ans qui s’appuie sur de nombreux partenariats et dont l’objectif est d’équilibrer santé publique et sécurité publique.

Souvent fragiles, certains adolescents voire de jeunes mineurs qui « se cherchent », peuvent très vite être confrontés à des problématiques de radicalisation, sous toutes ses formes. Aussi, à la demande de la préfecture sur une expérimentation sur trois ans financée en grande partie par l’Agence régionale de santé (ARS), la Maison des adolescents accompagne depuis 2016, puis à partir d'avril 2017 à travers le Réseau Virage, les plus fragiles mais aussi forme les professionnels de santé.

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Leur mission ? Mettre ou maintenir des distances avec les risques de radicalisation ou simplement lever le doute et aider les familles, souvent dépourvues. Depuis 2015, l’équipe de professionnels de santé composée de travailleurs sociaux, de psychologues, de spécialistes en histoire des religions, le tout en coordination médicale avec les hôpitaux Universitaire de Strasbourg, a « accompagné » une trentaine de jeunes ou de familles concernés, mais aussi formés et sensibilisé des centaines de professionnels de santé.

« Un sujet sensible mais nécessaire »

Ils sont dix jeunes mineurs radicalisés dans le département à avoir été accompagnés par le Réseau Virage. Une nécessité d’autant plus que l’annonce de la fin de la guerre en Irak, la fin de Daesh en Syrie, pourrait conduire certaines familles avec de jeunes mineurs à revenir en France. Certains sont nés là-bas et sont très jeunes. Des retours auxquels pourraient bien s’ajouter de jeunes mineurs isolés qui arriveraient pour la première fois sur le territoire français.

«  Il faut s’y préparer. C’est un sujet sensible mais nécessaire. Nous proposons un accueil bienveillant pour ces enfants sans toutefois tomber dans l’angélisme et oublier le volet sécuritaire. C’est un équilibre à trouver, un problème de santé publique et de sécurité publique », assure le docteur Alexandre Feltz, président des Maisons des adolescents de Strasbourg.

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« Agir le plus tôt possible »

« L’objectif est d’intervenir le plus tôt possible, d’être à l’écoute, de personnaliser chaque situation, poursuit Alexandre Feltz, mais aussi de former les professionnels de santé, car c’est un travail collectif qui nous concerne tous. »

Si l’équipe du Réseau virage propose un accompagnement pluridisciplinaire, « global et personnalisé », le dispositif prévoit également d’intervenir sur le web. Ce dispositif est baptisé Les promeneurs du Net. Expérimenté dans la Manche, il est officiellement lancé depuis le 25 septembre à Strasbourg. Le principe ? Les professionnels de santé vont vers les jeunes qu’ils connaissent avec des échanges par tchat, des débats, sur les plateformes Facebook, snapchat ou d’autres réseaux sociaux. Leur mission consiste non seulement à prévenir, mais aussi à faire connaître le réseau des structures qui peuvent apporter leur aide aux jeunes et à leurs familles.

Dans le département, plus de 800 signalements et une trentaine de départs en zones de combats ont été recensés.