VIDEO. Strasbourg: Comment est sécurisé le tunnel des trams sous la gare, alors qu'une voiture l'a traversé?

SECURITE Alors qu’une voiture a traversé samedi dernier le long tunnel des tramways qui passe sous la gare, la CTS réfléchit plus encore à renforcer le dispositif anti-intrusion déjà mis en place depuis 2015…

Gilles Varela

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L'entrée du tunnel quai Kléber, réservé uniquement aux trams. Strasbourg le 23 novembre 2017.
L'entrée du tunnel quai Kléber, réservé uniquement aux trams. Strasbourg le 23 novembre 2017. — G. Varela / 20 Minutes
  • Un véhicule, dont le conducteur était alcoolisé, a pu traverser le tunnel réservé aux trams ce qui soulève un problème de sécurité.
  • La CTS a pu lancer, grâce au dispositif d’alerte intrusion, la procédure d’urgence prévue mais se penche sur l’efficacité des fosses de sécurité existantes à chaque point d’entrée du tunnel.

Un automobiliste alcoolisé a surpris tout le monde samedi soir dernier en traversant, tout du long, les 1.400 mètres de tunnel qui relie la place des Halles à la Rotonde, réservés exclusivement aux tramways.

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Les opérateurs au poste de commandement de la CTS ont eu les yeux qui piquent en voyant sur leurs écrans de contrôle un petit véhicule avancer tranquillement, sur les jantes, et traverser la station de la gare centrale. Depuis, la CTS a porté plainte, ce qu’elle fait systématiquement, car il s’agit d’un délit. Une intrusion inquiétante ? Un problème récurrent ? Une mauvaise signalétique ?

Les fosses de sécurité en question

Car autant le dire tout de suite, c’est une première. Si quelques voitures s’y sont déjà aventurées, jamais un automobiliste n’avait encore traversé entièrement le tunnel. « C’est extrêmement dangereux. Un tram passe sous le tunnel toutes les trois minutes en heure de pointe, dans les deux sens, à une vitesse de 50 à 60 km/h », explique Jean-Louis Metzger, directeur général des opérations de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). « Nous avons investi en 2015 (plus de 70.000 euros) dans un système d’alerte intrusion, ce qui a permis instantanément de lancer la procédure d’urgence et de faire ralentir à 5 km heures les trams dans le secteur concerné et de stopper les trams dans le tunnel mais aussi ceux en amont », assure Jean-Louis Metzger. Mais il n’empêche. L’intrusion questionne car les fosses de sécurité, situées à tous les points d’entrées du tunnel, auraient dû suffire à immobiliser le véhicule, ou l’immobiliser un peu plus loin.

« Cela a détruit ses pneus, mais il a quand même pu rouler dans le tunnel. Cela soulève effectivement la question des fosses. Nous réfléchissons activement et travaillons à les rendre plus efficaces. Cet incident aura au moins permis de mettre cela en évidence et de réfléchir à une solution. » Mais pas de panique. Des caméras à détection de formes, installées sur tous les points d’entrée du tunnel depuis 2015, et permettent instantanément de lancer l’alerte. Intrusion des voitures, mais aussi celles des piétons et des cyclistes. Les opérateurs de la CTS sont H24 sur le pont, derrière les écrans de contrôles, en perpétuel contact avec les conducteurs mais aussi des agents de sécurité. En cas d’intrusion, une sirène et un feu orange se déclenchent. Ils peuvent ordonner à toutes les rames concernées de limiter leur vitesse à 15 km/h et pour celles directement impliquées à 5 km/h ou de s’immobiliser, le temps d’identifier l'intrusion.

Surtout des piétons et des cyclistes

« Il y a 80 intrusions chaque année dont la moitié sont des tentatives réelles, des personnes qui ne rebroussent pas chemin. Ce sont essentiellement des piétons et des cyclistes », confie Jean-Louis Metzger. Et c’est bien là un vrai danger. La majorité des piétons et des cyclistes qui tentent leur chance en coupant par le tunnel « courent des risques extrêmes », précise le directeur des opérations. « Mais les intrusions de voiture sont très rares, deux en 2016 et elles ne sont pas allées loin. Il s’agit de personnes qui n’avaient plus de discernement, pas du tout d’un problème de signalétique », assure la CTS qui conclue : « Le risque zéro n’existe pas mais nous les réduisons et trouvons des solutions. »