Navis incarne « l'esprit strasbourgeois » du rap

P. Wendling - ©2008 20 minutes

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Ses combats, il les livre avec des rimes. Originaire de la Cité de l'Ill à la Robertsau, Navis s'est fait une spécialité des « battles MC », ces joutes verbales opposant deux rappeurs. Il a remporté notamment « J'attaque du mic 3 », une rencontre organisée le 1er mars au Molodoï par l'association Turntableast. Son kiff ? « Jouer avec les mots, explique-t-il. Mais pour cela, il faut savoir parler français. Si tu viens juste avec des Wesh, wesh, tu n'arriveras jamais à rien. »

Dénonçant une « grande braderie du rap » qui mélange vulgarité et merchandising, il s'inscrit dans un « esprit strasbourgeois ». Selon lui, la ville est actuellement le troisième pôle du hip-hop français, après Paris et Marseille. « Ici, le bling-bling n'existe pas, estime-t-il. Le rap est plus rythmé et technique. Il s'attache à la rime. » Extrait : « Tu crois que les méfaits rendent homme. Va plutôt t'exprimer en votant au référendum ». Actuellement en préparation d'un album qu'il compte intituler Les Cahiers de brouillon, Navis croit beaucoup en l'avenir des artistes hip-hop de sa génération. « Quand j'aurai 60 ans, j'espère que l'on parlera d'eux au pire comme on le fait de Claude François, au mieux comme de Voltaire. »