VIDEO. Gastronomie: Que peut-on bien apprendre à des cuisiniers chinois de passage en France?

CUISINE Le lycée d’hôtellerie et de tourisme d’Illkirch-Graffenstaden accueille, pendant deux semaines, une délégation de 23 professeurs de cuisine en provenance de Chine…

Alexia Ighirri

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VIDEO. Gastronomie: Que peut-on bien apprendre à des cuisiniers chinois de passage en France pour prendre une leçon? — A. Ighirri / 20 Minutes
  • Durant deux semaines, le lycée d’hôtellerie et de tourisme d’Illkirch-Graffenstaden à côté de Strasbourg, accueille 23 professeurs de cuisine en provenance de Chine.
  • Les apprentis chinois vont apprendre la cuisine française auprès des professeurs du lycée professionnel alsacien.

Quand des cuisiniers chinois viennent découvrir la gastronomie française, que veulent-ils absolument apprendre à concocter ? Un pot-au-feu, une bouillabaisse, des cuisses de grenouilles ou des escargots ? Ah ah, raté… La bonne réponse est un autre porte-étendard de la cuisine française à travers le monde : le macaron !

Ce vendredi après-midi, il fait chaud dans la cuisine du lycée d’hôtellerie et de tourisme Alexandre Dumas à Illkirch-Graffenstaden, les fours y tournent à plein régime. C’est assez bruyant aussi, entre le bruit des casseroles et les discussions des 23 professeurs de cuisine chinois arrivés il y a quelques jours en Alsace pour prendre des cours et découvrir la gastronomie française. « Ils sont un peu plus dissipés que ce matin », rigole Michaël Dos Santos, professeur de cuisine du lycée professionnel.

Un prof qui donne des cours à des profs donc. « Au lycée, je suis parfois amené à donner des cours grand public aux adultes. Mais c’est la première fois avec des professionnels, poursuit chef Dos Santos. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre sur leur niveau mais dans l’ensemble ça va bien. Quand j’en vois certains poche en mains, coucher les choux, j’ai même l’impression qu’ils sont venus faire un stage en France. »

Deux interprètes pour assurer la traduction

« Le plus déstabilisant, c’est quand on explique les consignes et qu’ils ne réagissent pas. Derrière tu ne sais pas s’ils ont compris, s’ils ont percuté. » Il faut dire que les élèves-professeurs en question ne parlent pas français ou anglais. Deux interprètes sont présentes pour traduire les consignes et les questions.

Sous ses ordres, la vingtaine de professeurs venus de la province chinoise du Jiangsu s’attaque aux desserts : « Ils découvrent la pâtisserie classique française, avec la tarte aux pommes et le Paris-Brest », détaille Michaël Dos Santos. Petite surprise du chef, les macarons se sont fait une place au menu : « J’ai compris qu’ils avaient très envie d’en faire », sourit-il.

Après les choux pour les Paris-Brest, place aux macarons.

Après s’être essayés aux choux par équipe de deux ou trois, les apprentis se regroupent à nouveau autour de leur professeur alsacien. Et alors qu’il explique la différence entre meringues italienne et française, la dose de colorant, comment remuer le tout, ses élèves sortent quelques calepins mais filment surtout le tout avec leur téléphone portable. Histoire de ne pas en perdre une miette !

Le chef Michael Dos Santos entouré de ses élèves, tous professeurs de cuisine en Chine.
Le chef Michael Dos Santos entouré de ses élèves, tous professeurs de cuisine en Chine. - A. Ighirri / 20 Minutes

Le but de cette formation dans une cuisine française ? « Le gouvernement de la province de Jiangsu a envie d’améliorer le niveau technique des professeurs cuisiniers », répond l’un d’eux, Dengjun Wu. Et c’est le lycée Alexandre Dumas d’Illkirch qui a été choisi, notamment parce qu’il venait de nouer, en avril 2017, un partenariat avec un établissement de cette même province pour de futurs échanges.

« Je vais m’améliorer »

Dengjun Wu assure, « ce n’est pas trop difficile. Je viens d’apprendre la technique mais j’ai confiance, je vais m’améliorer durant ces deux semaines ». Outre les techniques, Dengjun Wu ne connaissait pas grand-chose de la gastronomie française. Ah si, il est amateur de foie gras : « J’ai déjà fait un exercice avec du foie gras en Chine mais on ne sait pas si ça a le même goût qu’en France ! ». Il aura sa réponse en fin de semaine, quand il sera temps de cuisiner cette spécialité.

Pour la digestion, les apprentis ont des demi-journées réservées à diverses visites de la région. Un aller-retour Strasbourg-Paris a même pu être organisé durant la quinzaine. Et, on vous le donne en mille, faire un tour près des macarons de Ladurée.