Strasbourg : Pokemon, Siri et ballon de foot connecté, quand l’industrie fait sa révolution sexy au «Hacking industry camp»

ECONOMIE Un «hackathon» est organisé du 13 au 15 octobre à Strasbourg pour stimuler l’innovation, en 54 heures top chrono…

Alexia Ighirri

— 

Pokemon, Siri et ballon connecté, quand l'industrie fait sa révolution grâce au hackathon
Pokemon, Siri et ballon connecté, quand l'industrie fait sa révolution grâce au hackathon — Ulises Ruiz Basurto/SIPA
  • Un «hackathon» est organisé du 13 au 15 octobre à Strasbourg pour stimuler l'innovation du secteur industriel, baptisé le «Hacking industry camp».
  • Pokemon, Siri, objets connectés... Quand l'industrie s'inspire de la culture populaire, numérique et connectée pour se rendre attractive.

Quand on parle industrie, nous viennent à l’esprit des images de chaînes de production, de grosses machines bruyantes et un vocabulaire technique qui reste obscur pour les non-initiés. Alors bien sûr, l’industrie c’est aussi (et heureusement) ça. Mais pas que. Le secteur prend un tournant numérique, plus abordable et un poil plus sexy aux yeux du grand public.

Alors que l’Etat lance La French Lab, label qui vise à soutenir l’industrie française à l’international et surtout à la rendre attractive notamment auprès des jeunes, les Alsaciens sont conviés à un «  hackathon ».

Un marathon de 54h pour doper la création

Il s’agit en fait de la troisième édition du «Hacking industry camp ». Un marathon de 54h pour stimuler la création et l’innovation d’équipes pluridisciplinaires autour de projets du secteur industriel, organisé par l’association Alsace digitale et ses partenaires, qui se déroule du 13 au 15 octobre à Strasbourg.

Et comment intéresse-t-on le grand public à l’industrie et à se fédérer autour de tels projets ? En leur parlant de choses qu’ils connaissent, des problèmes de leur quotidien.

Démonstration avec Daniel Wagner, directeur digital et informatique de l’entreprise ES (Electricité de Strasbourg, partenaire de l’événement depuis la première édition), qui nous a séduits en nous parlant Pokemon Go et Siri.

Le fournisseur d’énergie présente une douzaine de projets requalifiés de « défis ». Dont une nouvelle version du jeu pour mobile et tablette Chasse O Gaspi, né lors d’une précédente édition du « hackathon » strasbourgeois. « On veut maintenant faire le Pokemon Go de la chasse au gaspillage. En utilisant la réalité augmentée, l’usager pourrait se balader avec le téléphone en main pour détecter où des économies peuvent être faites », explique Daniel Wagner.

« Siri, quel est le poste électrique en panne ? »

Un autre projet envisage d’utiliser le même procédé que l’automate Siri sur les supports Apple pour répondre à une question posée par un employé d’ES sur le réseau électrique par exemple.

Parmi les autres idées qui seront pitchées par les porteurs de projets, celle d’un ballon connecté à son smartphone. Ce qui permettrait d’analyser l’impact sur le ballon, l’effet donné, sa trajectoire, et de recevoir des conseils pour améliorer ses coups francs. Et les tirer, à terme, comme Dimitri Liénard du Racing club de Strasbourg.

Le « hackathon » est ouvert à tous. Avis à celles et ceux qui souhaitent y participer : les places sont limitées et les inscriptions fortement conseillées via le site de l’événement.

Un « changement de paradigme »

La liste des projets donne envie. L’industrie est en passe de devenir sexy comme jamais. « Elle l’est déjà », répond du tac au tac Daniel Wagner.

Catherine Mosser, chargée de projets chez Alsace digitale reconnaît « un changement de paradigme, avec davantage de services aux usagers » et insiste : « L’industrie c’est un terrain de jeu. Ça bouge, ça se dynamise. Le “hackathon” se situe sur ce plan. »

Ce « Hacking industry camp » veut en tout cas démontrer, qu’en peu de temps, de belles choses peuvent se créer. « Il n’a jamais été aussi facile de faire des choses incroyables. On a de moins en moins d’obstacles. Profitons-en !, clame Daniel Wagner. Avant on avait des rêves, maintenant on peut les réaliser. L’économie de demain doit se baser sur ces rêves. »