Strasbourg: La hype des médias sur la belle histoire du Racing de retour en Ligue 1 durera-t-elle?

FOOTBALL Moult fois racontée depuis l'été, la belle histoire du Racing club de Strasbourg de retour en Ligue 1 six ans après sa rétrogradation a la cote..

Bruno Poussard

— 

L'ambiance au stade de la Meinau et le fort engouement des supporters alsaciens derrière le Racing font partie des explications de l'intérêt des journalistes pour la belle histoire de Strasbourg.
L'ambiance au stade de la Meinau et le fort engouement des supporters alsaciens derrière le Racing font partie des explications de l'intérêt des journalistes pour la belle histoire de Strasbourg. — AFP

Il en fut encore ainsi contre Nantes. En débarquant à la Meinau, les journalistes venus d’ailleurs sont souvent ébahis. Par l’énorme soutien venu des tribunes, pardi. Ce qui explique notamment pourquoi le Racing n’est pas un promu comme les autres. Et pourquoi son retour en Ligue 1 a fait couler beaucoup d’encre, autour de son passé récent, de la CFA2 à l’élite en six ans.

>> A lire aussi : Strasbourg: Fin août 2011, le Racing était placé en liquidation et... Macron soutenait Hollande

Moult fois racontée pendant l’été, sa belle histoire a quelque chose d’une hype médiatique. « On dit souvent que c’est un peu le Marseille de l’Est, un club différent, très suivi par les médias », confirme le milieu Dimitri Liénard. Dont la trajectoire particulière, de manutentionnaire à joueur pro sur le tard, a justement été de multiples fois portraitée.

C’est un exemple différent des autres, comme Steeve Savidan ou Franck Ribery à l’époque, même si c’est une autre dimension. Personnellement, je le vois comme une belle récompense, bien que je n’oublie pas d’où je viens.

>> A lire aussi : VIDEO. Football: Du National aux portes de la Ligue 1 avec Strasbourg, les papas Grimm et Liénard remontent le temps

Une image conviviale et de belles histoires à raconter

A l’image conviviale, la formation alsacienne n’a pas refermé ses portes en remontant en Ligue 1, dix ans plus tard. Plusieurs caméras ont déjà pu filmer ses coulisses. Imaginé en dix épisodes, la chaîne beIN Sports a même lancé un feuilleton, La Traversée. Une ouverture pour le moins rare dans le monde footballistique professionnel. « C’était cette année ou jamais », estime le journaliste Florent Martin, derrière l’idée.

On savait que marcherait bien à Strasbourg, car pas mal d’acteurs ont un vrai ancrage au club, et que beaucoup gravitent aussi autour. Il y a largement assez d’histoires à raconter.

Le journaliste Florent Martin en plein interview du speaker du Racing club de Strasbourg, Jean-Luc Filser.
Le journaliste Florent Martin en plein interview du speaker du Racing club de Strasbourg, Jean-Luc Filser. - Alexandre Carré / beIN SPORTS

Après le gars du coin Jérémy Grimm (dont le reportage a été vu 200.000 fois sur le web), les reporters se sont intéressés à l’emblématique speaker, avant le coach Thierry Laurey, les femmes de foot, le président, en attendant les bénévoles et les supporters… Et les dirigeants du club y trouvent un bel intérêt, pour exister médiatiquement aux côtés des mastodontes du championnat.

>> A lire aussi : Football: Speaker du Racing club de Strasbourg, que fais-tu donc de tes vendredis soirs à l’intersaison?

Un équilibre à trouver pour gérer les sollicitations

« C’est une bonne exposition, reconnaît Thierry Hubac, en charge de la communication du Racing. La Traversée offre une fenêtre au club pour montrer qui il est : un club sympathique, différent, avec des valeurs. » Devant le grand nombre de sollicitations, cette philosophie d’ouverture fixée par le président et l’entraîneur nécessite néanmoins d’être cadrée.

« Il faut veiller à respecter un équilibre entre deux mondes qui ont tendance à s’éloigner, avec des médias plus sensationnalistes et des clubs plus hermétiques, reprend Thierry Hubac, ancien journaliste passé de l’autre côté de la barrière à Monaco, puis Lorient avant d’arriver à Strasbourg en juin. Il y a de plus en plus de pression, de médias, d’obligation, on doit rester vigilants. »

Le troisième (des dix) épisode(s) de La Traversée sera anglé sur Thierry Laurey et diffusé après la réception de l'OM.
Le troisième (des dix) épisode(s) de La Traversée sera anglé sur Thierry Laurey et diffusé après la réception de l'OM. - Alexandre Carré / beIN SPORTS.

En clair, ne pas trop perturber le quotidien ni la vie du groupe, et surveiller la répartition de l’exposition des différents joueurs. En Alsace, les journalistes de La Traversée ne filment par exemple jamais un repas plus d’une minute et laissent leur caméra tourner sans eux pendant une causerie. « On reste invités et respectueux des moments intimes », rebondit Florent Martin.

La hype autour de la belle histoire déjà modérée ?

Mais cette hype, au fait, va-t-elle durer ? Avec l’enchaînement des matches depuis la reprise, le nombre de longs reportages a déjà un peu diminué. « Ce qui plaît aux médias, c’est la nouveauté », analyse le reporter de beIN, qui réalisera deux documentaires avec le feuilleton. Sur SFR Sport, l’émission d’actualité Breaking Foot est, elle, surtout focalisée sur les clubs du « big four » (PSG, OM, OL et Monaco).

>> A lire aussi : Football: «Chers supporters du Racing club de Strasbourg», notre hommage à l'un des meilleurs publics de France

« L’histoire du Racing redevient presque banale et ordinaire aujourd’hui, parce qu’on est dans l’actualité sportive, il y a moins d’intérêt pour les à-côtés », termine enfin Florent Martin, venu interviewer Thierry Laurey ce mardi, en vue d’une diffusion après la réception de l’OM. Des résultats du Racing dépendra peut-être désormais avant tout sa couverture médiatique.