Les conseils d'une Strasbourgeoise pour tenter de ne plus produire de déchets chez soi

ENVIRONNEMENT A l'heure du lancement officiel du premier défi «foyers zéro déchet» à Strasbourg, une Alsacienne explique à «20 Minutes» comment réduire sérieusement le volume de sa poubelle...

Bruno Poussard

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Tendre vers le zéro déchet, c'est notamment faire ses courses en vrac pour limiter les emballages superflus.
Tendre vers le zéro déchet, c'est notamment faire ses courses en vrac pour limiter les emballages superflus. — Creative Commons / Pixabay.
  • A Strasbourg, le premier défi «foyers zéro déchet» est officiellement lancé ce samedi 30 septembre 2017 avec 22 foyers participants.
  • A cette occasion, une Alsacienne déjà impliquée depuis plusieurs années transmet ses conseils pour réduire le volume de sa poubelle.

Le nombre est monstrueux. En moyenne, un Français produisait 268 kg de déchets ménagers résiduels (ceux de la poubelle bleue, ou noire) en 2013. Soit 22 kg par mois, rien que ça. Contre les emballages inutiles, le gaspillage et la pollution, certains ont donc attaqué  une réduction sérieuse du volume leur poubelle.

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Jusqu’à désormais produire moins d’un kilo par an, même ! A l’heure du lancement officiel du tout premier défi « foyers zéro déchet » à Strasbourg ce samedi - après Roubaix, Lorient, Grenoble ou  Vence -, une Alsacienne nous transmet justement ses conseils. Depuis quelques années, elle produit 250 grammes de déchets par mois.

Marie Fabre, graphiste dans le civil et militante zéro déchet, a commencé à changer de mode de vie il y a bientôt dix ans.
Marie Fabre, graphiste dans le civil et militante zéro déchet, a commencé à changer de mode de vie il y a bientôt dix ans. - B. Poussard / 20 Minutes.

Commencer par composter. Ancienne militante d’Alsace Nature et de Greenpeace co-fondatrice  du jeune collectif « Zéro déchet Strasbourg », Marie Fabre a commencé, dès 2008, par composter : « Après notre inscription à un panier de légumes avec mon compagnon, on cuisinait plus et on avait donc plus de déchets, végétaux surtout. »

Son premier investissement a été un lombricomposteur, avec terre et vers. Avant de disposer, aujourd’hui, de composteurs dans sa copropriété, et de compost pour ses plantes, au passage. « Incinérer des épluchures composées à 80 % d’eau est un vrai non-sens, d’autant qu’elles sont valorisables », insiste cette graphiste de 36 ans.

Le compost, collectif ou individuel, est le premier réflexe d'un mode de vie zéro déchet.
Le compost, collectif ou individuel, est le premier réflexe d'un mode de vie zéro déchet. - Creative Commons / Pixabay.

Marie Fabre recommande d’ailleurs d’aller plutôt vers le compost collectif, alors qu’une carte recense les sites dédiés proches de chez vous à Strasbourg. A l’ouverture d’un nouveau spot et à l’achat de son propre lombricomposteur (ou bac à compost), la ville alsacienne fournit d’ailleurs accompagnement ou subventions.

Faire ses courses en vrac. En conseillant de réfléchir aux produits d’une pièce de votre logement après l’autre, la jeune maman s’est ensuite penchée sur ses courses (alimentaires). En achetant d’abord ses pâtes ou son riz en vrac pour limiter les emballages individuels, ainsi que de nombreux lecteurs nous l’avaient déjà conseillé.

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Au-delà des magasins spécialisés, de plus en plus de grandes surfaces ont des rayons dédiés pour se servir avec son contenant. Des commerçants acceptent  de servir dans des sacs en tissus, des bocaux ou des tupperwares. « Contrairement à ce qu’on entend souvent, ça revient plutôt moins cher sur les produits de base », souligne Marie Fabre.

Cuisiner soi-même se couple avec composter dans une réflexion déchet, c'est la base.
Cuisiner soi-même se couple avec composter dans une réflexion déchet, c'est la base. - Creative Commons / Pixabay.

Fabriquer ses propres produits. Dans sa salle de bains, la Strasbourgeoise a diminué le nombre des produits  en allant vers le plus naturel, avec un savon solide ou de l’huile végétale comme démaquillant. Et réutilisable, comme les cotons lavants. Pareil dans la cuisine ou pour le ménage. « Je cherche toujours à réutiliser et à réparer d’abord », clarifie-t-elle.

Liste non exhaustive : liquide vaisselle maison au savon de Marseille, éponge microfibre ou à brosse (remplaçable et recyclable), lessive avec des feuilles de lierre (bouillies et filtrées), vinaigre blanc pour nettoyer. « J’ai simplifié les recettes pour ne pas perdre de temps », termine Marie Fabre, qui recommande l’inévitable livre de Béa Johnson pour aller plus loin.

Repenser sa consommation globale. C’est le dernier des cinq verbes clés du zéro déchet (avec réduire, réutiliser, recycler et composter), mais pour aller encore plus loin, il faut bien repenser une partie de son mode de vie. Et souhaiter un chamboulement global, en s’éloignant du superflu.

« A tous les niveaux, on réfléchit à qui on est comme consommateur, raconte Marie Fabre. Dans son budget, on redonne plus de place à des activités qu’à des achats inutiles. Et puis on apprend aussi à cuisiner différemment par exemple, à utiliser plus de légumes tout en jetant moins d’épluchures. »

Déjà 22 foyers strasbourgeois engagés dans ce défi zéro déchet. Si le lancement officiel est programmé avec une conférence à trois voix dans la salle des conseils de l’Eurométropole, ce samedi à 16h, ce premier challenge monté par le collectif zéro déchet Strasbourg a débuté depuis un mois déjà pour 22 foyers aux profils variés, entre colocations, familles, célibataires ou couples, aux âges et lieux d’habitation différents.

Même avant, d’ailleurs, puisque tous les participants (retenus parmi 60 candidats) ont reçu une balance pour peser leurs poubelles dès le mois de juillet. Car l’objectif, c’est la diminution de 30 % du poids de leurs déchets en six mois, soit d’ici février. Pour l’atteindre, les bénévoles du collectif monté en 2016 qui les accompagnent ont déjà programmé tout un tas d’ateliers : couture, cosmétiques, repair café, Noël autrement…

Afin d’en tirer enfin un état de lieux autour de ces questions dans l’Eurométropole de Strasbourg, les résultats seront par ailleurs analysés. Sept étudiants réaliseront également une étude sociologique sur les foyers et les bénévoles engagés dans le défi.