Contestation lors de l'allocution du secrétaire d'Etat aurprès du ministre de la cohésion des territoires Julien Denormandie. AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG
Contestation lors de l'allocution du secrétaire d'Etat aurprès du ministre de la cohésion des territoires Julien Denormandie. AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG — AFP

POLITIQUE

VIDEO. Strasbourg: «Démission!», Julien Denormandie hué par les bailleurs sociaux et les locataires

Le secrétaire Etat du ministre de la Cohésion des territoires était attendu de pied ferme par les bailleurs sociaux et les collectifs de locataires au congrès des HLM à Strasbourg…

  • Après Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, c’est le secrétaire d’Etat Julien Denormandie qui a été hué par les congressistes de l’Union sociale pour l’habitat à Strasbourg.
  • La baisse de 5 euros des APL par mois et par ménage attise la colère des bailleurs sociaux.

C’est une bronca qui accueilli Julien Denormandie, secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires lors de la séance de clôture du congrès de l’Union sociale pour l’habitat à Strasbourg. Tout comme son ministre, Jacques Mezard, il y a deux jours à qui le même sort a été réservé, le secrétaire d’Etat a eu toutes les peines du monde pour s’exprimer à la tribune. Sous des cris « Démission ! » ou bien encore « La réforme, on n’en veut pas ! », le membre du gouvernement a tenté tant bien que mal de se faire entendre. En vain. De toute façon, dans l’assemblée, les bailleurs sociaux et le collectif de locataires n’avaient que faire de ses explications. Interrompu sans cesse, une partie de l’assemblée a même quitté la salle en brandissant un carton rouge.

En cause, la baisse des APL. Un collectif rassemblant une cinquantaine d’associations, Vive l’APL, dénonce la baisse à partir du 1er octobre 2017, de celles-ci de 5 euros par mois et par ménage. Pour le collectif, « c’est une coupe de 400 millions d’euros par an sur le dos des locataires, au lieu d’encadrer les loyers, de prévenir réellement les expulsions, ou de lutter contre les inégalités. » Une colère qui ne devrait pas retomber car le projet annoncé il y a deux jours pourrait faire baisser d’environ 50 euros par mois les APL des locataires du parc social en 2019, ce qui imposerait, affirme Vive l’APL, aux bailleurs sociaux de les répercuter sur les loyers. Soit « une ponction » de 1,4 milliard d’euros chaque année sur le budget des HLM…

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Vers la fin d’un modèle social ?

Les bailleurs sociaux et les collectivités qui garantissent les emprunts auprès des banques, craignent également un plan social de plusieurs milliers d’emplois directs dans le secteur du BTP, l’arrêt brutal de la création de logements sociaux et finalement un endettement à hauteur des logements créés chaque année. « Ce que nous proposons aux bailleurs sociaux, c’est d’améliorer leurs conditions de financement et donc leur rentabilité. Ce que nous leur demandons, c’est ce gain, il faut qu’ils puissent le redistribuer en une baisse de loyer au profit des locataires. » Des propos aussitôt hués par le public. Car, même si le secrétaire d’Etat a annoncé que la réforme du « système des allocations est devenue indispensable », c’est la manière dont elle doit être faite qui provoque la colère des bailleurs sociaux.

« Cela diminuerait de 15 % nos recettes, explique Yann Thepot, directeur régional des organismes HLM d’Alsace. Ce projet de loi va réduire à néant nos capacités d’investissements. Nous n’aurons pas de fonds propres et donc nous serons dans l’impossibilité de faire des rénovations thermiques, d’entretenir les immeubles. Est-ce que c’est ça une politique sociale ? »

Julien Denormandie a tenté de s’expliquer, sans convaincre, « les yeux dans les yeux » et en « toute franchise ». Toujours en vain. « Je suis venu discuter, continuer le dialogue. C’est une réforme globale qui a un objectif, c’est de pouvoir construire plus et moins cher, et de meilleure qualité et cela concerne également les logements sociaux. Quant au gain de rentabilité qui doit être redistribué, affirme le secrétaire d’Etat, il va permettre à tous les locataires de ne perdre aucun euro supplémentaire. C’est aussi une réforme qui ne fait pas de perdant chez les bailleurs sociaux. Il faut rediscuter avec eux sur des éléments très techniques. Le vrai sujet, ce n’est pas les APL mais les loyers. Notre stratégie est de les faire baisser car ils augmentent sans cesse. »