Strasbourg: Et si le logement social était une mine d'or ?

ECONOMIE Des start-up rencontrées par «20 Minutes» au 78e congrès de l’union sociale pour l’habitat à Strasbourg développent des modèles économiques sur les faiblesses du logement social…

Gilles Varela

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Illustration d'une tour HLM
Illustration d'une tour HLM — A. GELEBART / 20 MINUTES

Et si le logement social devenait un laboratoire de vie et de développement économique, profitant des évolutions de la société ? Les problèmes que rencontrent bailleurs sociaux et locataires pourraient à l’avenir muter et devenir de véritables atouts.

Ouverture sur leur environnement, sur les autres, sur l’économie collaborative… Aussi des start-up imaginent et proposent des solutions qui préfigurent l’avenir du logement social. A l’occasion du 78e congrès de l’union sociale pour l’habitat à Strasbourg, 20 Minutes est allé à leur rencontre.

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Internet et des services pour tous

Partant du constat que 15 % des Français n’ont pas accès à Internet et que les bailleurs sociaux ont de fortes attentes en ce qui concerne la gestion de leur patrimoine, la start-up Koontoo a imaginé « l’habitat social connecté » et propose non seulement un accès haut débit pour un coût très limité mais surtout des services accessibles aux bailleurs et aux locataires. Besoin d’une baby sitter pour la soirée ? D’une perceuse ? « L’idée est non seulement de réduire la fracture numérique mais aussi de créer du lien, explique son PDG Fabrice Bellois. Les services que nous développons permettent aux habitants des immeubles connectés de proposer leur aide, d’échanges de services, de communiquer avec leur bailleur. C’est un vrai service de proximité et donc social. »

Utiliser les parkings vides

Vous ne trouvez pas un parking ? Et pourtant il y en a probablement un près de chez vous. « Une place sur trois serait non utilisée. Et des millions d’euros sont perdus chaque année par les bailleurs », explique Thibaut Chary, président de Yespark, une application de « stationnement intelligent ». Cette dernière fait l’interface entre les bailleurs et les personnes à la recherche d’un parking à louer, facilement et sans contrainte. Aussi pour rester accessible, l’application permet de trouver facilement un parking sans engagement, sans caution. « Cela permettrait aux bailleurs de récupérer des millions d’euros, ce qui n’est pas négligeable au moment où l’on parle des diminutions des aides de l’état et des restrictions budgétaires. Cela permet aussi de valoriser et d’optimiser leurs actifs mais aussi d’améliorer la qualité de vie des habitants, des riverains et des automobilistes. Et puis des parkings vivants, c’est sécurisant. »

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Ranger ses affaires chez le voisin

Des locaux trop petits ? Une mutation ? Une start-up développe Jestocke.com qui permet entre autres aux bailleurs sociaux de mettre à la location les nombreux garages vides et fermés dans les parkings pour en faire des lieux de rangements. Des lieux de rangement assurés avec un intervenant local sur place, un auto entrepreneur, payé à la mission. « Il y a environ 70.000 garages en France. Nous visons essentiellement ceux qui se trouvent en périphérie, là où le stationnement est gratuit en surface et où les bailleurs se retrouvent avec des parkings vides, explique Edouard Wautier. Les modes de déplacement changent, laissant de moins en moins de place à la voiture. Alors les bailleurs sociaux sont de plus en plus nombreux à se retrouver avec des places sur les bras et certains n’hésitent pas à reconvertir des plateaux de 1.000 m2 en box fermés. »