Strasbourg: Sous le feu des critiques avant Monaco, le Fennec du Racing Idriss Saadi peut-il renaître de ses cendres?

Football Après l'échec d'Amiens, les Strasbourgeois affrontent les Monégasques, sur le Rocher samedi à 17h, avec un avant-centre déjà pointé du doigt...

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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Idriss Saadi, l'attaquant pas (encore) efficace du Racing club de Strasbourg
Idriss Saadi, l'attaquant pas (encore) efficace du Racing club de Strasbourg — PATRICK HERTZOG / AFP

Sa sortie des vestiaires, après l’entraînement du Racing jeudi, a été bien plus furtive et discrète que sa sortie du terrain lors de la défaite strasbourgeoise contre Amiens samedi à la Meinau. Remplacé à la 66e minute, l’avant-centre Idriss Saadi avait alors rejoint le banc sous les sifflets. Il n’est jamais simple d’être le numéro 9 d’une équipe, tant les prestations d’un attaquant sont scrutées et commentées, mais il semblerait que l’international algérien ait déjà été pris en grippe par une partie du public.

Celle-ci reprochant sans doute à l’attaquant son mutisme face aux cages adverses (au point d’oublier qu’il a déjà ouvert son compteur, contre Montpellier) alors qu’il était attendu pour prendre la suite de Khalid Boutaïb et ses 20 buts plantés avec le Racing en Ligue 2.

Les comparaisons avec Boutaïb fusent

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« Il y a des gens qui m’écrivent pour savoir ce que j’en pense, avoue l’ancien buteur strasbourgeois aujourd’hui au Yeni Malatyaspor. Mais Boutaïb et Saadi, ce n’est pas le même joueur. Peut-être que je n’aurais pas marqué en Ligue 1. Ça ne veut rien dire d’une année sur l’autre. »

« Touché » par les sifflets adressés à Idriss Saadi, le Marocain lui a envoyé un message : « On comprend que les supporters soient frustrés, qu’ils aient peur de redescendre. Mais ce n’est pas la solution de lui tirer dessus. Il faut lui laisser le temps. J’ai confiance en lui. Physiquement c’est une machine. On ne peut pas lui demander la même chose qu’à moi. Mais dos au jeu, il va te bouger des gens. »

Un simple déclic

En fait, la situation d’Idriss Saadi fait davantage penser à Baptiste Guillaume, un an plus tôt. Désormais à Angers, l’attaquant avait aussi été la cible de critiques durant la phase aller, avant d’inverser la tendance pendant le cycle retour. « Dans un public de cette qualité, on retrouve toujours deux côtés. Si tu n’es pas à 100 % ou que tu n’es pas en confiance, tu es pris en grippe. Mais si la chance commence à tourner, que tu es décisif, ils te portent comme jamais. »

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Comment avait-il pour autant géré les critiques voire sifflets à son encontre ? « J’ai toujours essayé d’occulter ça. Je me mets dans ma bulle. Si on t’a recruté, c’est que tu as des qualités, souligne l’Espoir belge. Un attaquant a besoin de temps. Avec un minimum de confiance, la roue finit forcément par tourner. Ce qu’il faut, c’est juste un déclic. »

Obsédé du but

Jeudi à la Meinau, nos sollicitations sont restées lettre morte auprès du principal intéressé. Pour se faire oublier ? Ou pour se concentrer sur l’adaptation à son nouveau club ? C’est plutôt la théorie d’Abdel Bouhazama, qui l’a coaché en U19 à Saint-Etienne : « Ce n’est pas un tricheur mais, plus il sera attaqué, plus il va se renfermer dans le travail pour réagir. » Avec un seul objectif, planter, pour cet obsédé du but, encore plus que d’autres.

« Chez les jeunes, il avait un carnet où il marquait son nombre de buts après chaque séance et après chaque match, illustre l’actuel directeur du centre de formation d’Angers. Lors des bilans avec lui, il ne fallait pas que je me goure d’un but ! C’est un perfectionniste. » Une qualité autant qu’un défaut lorsque ce perfectionnisme lui apporte impatience et agacement. Un peu comme à Strasbourg en ce moment ?

Déjà des séries de buts à son actif

Surnommé « pitbull » chez les jeunes stéphanois, Idriss Saadi aurait en tout cas suffisamment l’orgueil d’un attaquant pour apprécier la difficulté de ce type de challenge. A condition de ne pas perdre confiance. Et de l’accompagner. « Plus jeune, il était mature mais aussi un peu têtu, donc il fallait souvent échanger avec lui, notamment pour lui donner d’autres axes de travail », embraye Abdel Bouhazama.

Tous nos intervenants en sont persuadés : dès qu’Idriss Saadi marquera plusieurs fois à la suite, l’attaquant pourrait enchaîner. Il l’a déjà fait. Comme à Coutrai, l’an dernier, avec 16 buts marqués en Jupiler Pro League. Ou avec Saint-Etienne, en 2011, avec 12 pions au cours du parcours en coupe Gambardella, perdue en finale face au Monaco de Layvin Kurzawa et Valentin Eysseric. Tiens, Strasbourg se déplace justement sur le Rocher ce samedi (17h). L’occasion pour Idriss Saadi d’en faire enfin de même en Ligue 1 ?