Strasbourg: Après la Neustadt, la ville ne se lasse pas du label Unesco et en veut plus

PATRIMOINE En charge de l’entretien et la restauration de la cathédrale de Strasbourg, la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame espère obtenir le label de patrimoine culturel immatériel à l’Unesco…

Bruno Poussard

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Magnifique accueil dans la gypsothèque des ateliers de la fondation de l'Oeuvre Notre-Dame. Lancer le diaporama
Magnifique accueil dans la gypsothèque des ateliers de la fondation de l'Oeuvre Notre-Dame. — B. Poussard / 20 Minutes.
  • Après l’entrée de la Neustadt au patrimoine culturel de l’Unesco, Strasbourg ne s’est pas lassée du label et vise une autre catégorie.
  • En préalable, un nouveau dossier alsacien a été placé sur la liste de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel du ministère de la culture.

Cette fois, pas de blague - comme avec le (satirique) cabaret alsacien. La Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, chargée de l’entretien et la restauration de la cathédrale de Strasbourg, sera candidate au patrimoine culturel immatériel de  de l’Unesco, où figurent, par exemple, la fauconnerie, le yoga ou la culture de la bière en Belgique.

>> A lire aussi : Strasbourg : L’Unesco élargit à la Neustadt le secteur classé au patrimoine mondial

Et ce, après l’entrée en juillet, de la Neustadt au patrimoine (matériel, pour sa part) de l’humanité. « A Strasbourg, un classement Unesco peut en cacher un autre », s’amuse le premier adjoint au maire, Alain Fontanel, en dévoilant les avancées du dossier. Car une étape importante a été franchie fin juin 2017.

Une candidature au long terme, d’ici 2021 ?

Préalable indispensable, le ministère français de la culture a inscrit la fondation sur la liste de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel. Comme pour la Neustadt, c’est désormais à la France - qui dispose déjà de 15 éléments culturels inscrits - de défendre la candidature. « On vise l’horizon 2021 », précise Alain Fontanel.

Les prémices du projet remontent à 2013, dans une volonté de valoriser et protéger l’historique fondation - née huit siècles plus tôt pour s’occuper des chantiers de la cathédrale - à travers ce classement de traditions, arts ou pratiques. La candidature de la fondation de l’Œuvre Notre-Dame, justement, englobe un ensemble.

Des pratiques manuelles notamment défendues

Réalisée grâce aux recherches d’un ethnologue strasbourgeois, la fiche d’inventaire comprend le fonds documentaire des ateliers (avec des sculptures ou des images), les moulages en plâtres de la gypsothèque ou encore les techniques des 32 salariés de la fondation, sculpteurs, maçons, serruriers, ou au bureau d’études…

« Il s’agit de perpétuer le savoir-faire 100 % manuel des tailleurs de pierre », donne en exemple Alain Fontanel. « Cela nous doterait d’un outil pour assurer la transmission de nos valeurs et nos pratiques », détaille Eric Fischer, le directeur de la Fondation, déterminé à défendre le travail à la main des siens.

« C’est une particularité qu’on n’aimerait pas perdre, avec un geste humain que ne pourrait pas faire une machine, ajoute le sculpteur de la fondation Vincent Cousquer, qui tente de cette manière d’être toujours le plus fidèle possible aux parties de la cathédrale qu’il restaure. Car une sculpture reste toujours animée par l’être vivant. »

Vers une candidature française ou européenne ?

Plus pragmatiques, des questions restent néanmoins encore en suspens en vue de cette candidature. Doit-elle rester française ou s’associer à d’autres tels ateliers européens pour peser un peu plus ? Dans quelle catégorie doit-elle précisément se positionner ? Les deux décisions devraient être entérinées d’ici la fin de l’année.

La candidature de la fondation de l’Œuvre Notre-Dame n’est en tout cas pas pour tout de suite. Les places sont chères, et Strasbourg n’est pas seule, devant la forte présence des nominations françaises à l’Unesco. En parallèle, le ministère a d’ailleurs également inscrit l’alpinisme et les constructions en pierre sèche, en juin.

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