Strasbourg: Les supporters du Racing vont-ils blinder tous les parcages visiteurs de Ligue 1?

FOOTBALL Venus blinder le parcage du Parc OL pour la première journée, de nombreux fans du Racing club de Strasbourg feront encore le déplacement pour mettre l'ambiance alsacienne ce samedi à Montpellier...

Bruno Poussard

— 

Les supporters strasbourgeois ont prévu de faire entendre leurs voix aussi loin que possible en Ligue 1 cette saison, pour leur retour. Illustration à la Meinau, en 2016
Les supporters strasbourgeois ont prévu de faire entendre leurs voix aussi loin que possible en Ligue 1 cette saison, pour leur retour. Illustration à la Meinau, en 2016 — G. Varela / 20 Minutes
  • De retour en Ligue 1 neuf ans après leur descente, les fans strasbourgeois se sont déjà fait largement entendre à Lyon lors de la première journée.
  • En déplacement à Montpellier ce samedi (20h), les supporters alsaciens comptent bien continuer sur leur lancée, même s'ils ne seront pas toujours aussi nombreux.

Dans le parcage du Parc OL, ils ont continué à chanter 15 minutes après le coup sifflet final. Malgré la lourde défaite 4-0, les 3.000 fans strasbourgeois, venus à Lyon avec dix bus, ont fait la fête en foutant un beau bordel vocal. Comme prévu. « On partait dans l’idée de profiter de la soirée, avec la fierté d’être là », confirme Philippe, de la Fédération des supporters du Racing.

Et si l’après-match a été accompagné de témoignages d’agressions à l’encontre de supporters alsaciens en dehors du déplacement officiel, l’histoire ne le retiendra probablement pas. Comme le score. Ce samedi 5 août au Parc OL restera le jour du retour en Ligue 1 du Racing club de Strasbourg. Avec l’ambiance à la hauteur.

Au Parc OL, les Strasbourgeois, à près de 2.000, étaient largement venus blinder le parcage visiteurs.
Au Parc OL, les Strasbourgeois, à près de 2.000, étaient largement venus blinder le parcage visiteurs. - Document remis Yannis Matisse.

Pour Lyon, les Ultra Boys 90 auraient pu à eux seuls remplir dix bus

A 1.980 dans le parcage, et un gros millier supplémentaire dans les autres tribunes, les supporters du RCS ont kiffé. « Avec le chemin parcouru ces dernières années, on voulait célébrer d’en arriver là après toutes ces galères, embraye Philippe. Personne ne s’est focalisé sur le résultat. Le maintien en Ligue 1, c’est le problème de toute une saison. »

« Dès qu’on a eu le calendrier, les gens étaient bouillants pour ce premier match, poursuit Florian, porte-parole des Ultra Boys 90 qui se sont limités à quatre bus mais qui auraient pu en remplir dix. Quand on est rentrés, on ne savait même pas où se mettre tellement c’était blindé. Un pur bonheur. Même à 4-0, on chantait plus fort que les Lyonnais ! »

>> A lire aussi : Son prêt à peine dévoilé, Martin Terrier s'entraîne déjà avec le Racing club de Strasbourg

Deux bus au départ d’Alsace mais près de 500 fans à Montpellier

Ce samedi à Montpellier (20h), deux bus (quelqu’un osera-t-il le « seulement » ?) quitteront l’Alsace samedi matin. Mais ceux des Ultra Boys 90 et de la Fédération des supporters (avec le Kop ciel & blanc) ont mis une semaine à peine à se remplir. Et des Strasbourgeois en vacances dans le Sud gonfleront leurs rangs. « On sera probablement environ entre 400 et 600 », prévient Florian.

« Il y a un an, nous dire qu’on allait remplir un bus pour Montpellier nous aurait paru tellement improbable », renchérit Philippe, de la Fédé. Il y a néanmoins des explications. Les vacances d’été, déjà. Puis une (re)montée en Ligue 1 ratée au stade de la Mosson au terme d’une longue saison 2008-2009, et préalable à la triste période suivante.

La culture du déplacement s’ancre progressivement à Strasbourg

« Là, certains viennent pour exorciser ça, en quelque sorte », raconte Philippe. Et Florian d’enchaîner : « En plus, lors de ce match en 2009, les supporters héraultais nous avaient sorti une banderole “On prend la Ligue 1, on vous laisse la Bundesliga”. » Impossible de ne pas y repenser du tout pour les anciens. Mais la page est désormais refermée.

Sur les bords du Rhin, le fort engouement illustre la (re)naissance de la culture du déplacement. « Elle s’est progressivement ancrée à partir de la CFA2 », corrige Florian, des UB90. Comme à Grenoble en CFA, Epinal en National ou Lens en Ligue 2. Aujourd’hui, les groupes de supporters ont en outre vu leur nombre d’adhérents grimper. D’environ 200 à 350 pour la Fédé, de 110 à 230 au Kop ciel & blanc.

Une forte ambiance bleu et blanc à la Meinau, mais ailleurs ?

La Meinau est d’ores et déjà reconnue, et les supporters de la France entière savent à quoi s’y attendre face au kop. Les chiffres (comme les commentaires) sont déjà élogieux. Avec 15.650 abonnés, un record explosé, ou encore 25.591 spectateurs lors de la première journée à domicile contre Lille, deuxième meilleure affluence du week-end.

Mais en dehors, à quoi faut-il s’attendre ? La vague bleue pourrait-elle déferler dans toutes les tribunes – ou plus précisément les parcages – de Ligue 1 ? Fort possible… Tous ceux qui se sont pris d'amour pour le Racing pendant ces années de refondation ne voudraient pour rien au monde en louper certains.

Des Strasbourgeois feront tous les déplacements

Comme d’habitude, les Ultras Boys 90 iront partout. Plus nombreux encore. « Le minimum syndical, c’est un bus », répond Florian. A Guingamp, dans une semaine, il espère 400 personnes, contre 15 lors du dernier voyage strasbourgeois au Roudourou. « Pour notre part, on ne pourra pas faire le déplacement à chaque fois », nuance Philippe.

>> A lire aussi : Ecrans, télévision, parcage, les transformations de la Meinau pour la Ligue 1

« Au Kop ciel & blanc, on aimerait que notre bâche soit présente à chaque déplacement, qu’elle parte avec des supporters en bus, en minibus ou en voiture », ajoute enfin Kévin, leur vice-président. L’hiver et les plus longs déplacements, à Bordeaux ou Toulouse, calmeront-ils certaines ardeurs ? Les résultats compteront aussi, forcément.

Dans les différentes organisations de fans alsaciens, de nouvelles têtes n’en finissent pas d’apparaître aux côtés des habitués. A Marseille ou Saint-Etienne (celui à Paris dépendra du prix d’accès au parcage), de sacrés déplacements s’annoncent. A condition que des interdictions de déplacements ne viennent pas rendre aphone leurs bruyants chants.